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  • : Mon Univers : littérature, sciences et histoire se côtoient avec une pointe d'humour et de musique dans une chaude ambiance de feu agrémentée de photos, de dessins, de nouvelles et de citations.
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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 16:45

La laideur avait un visage. La laideur avait aussi un nom. Cette personne était une femme. Une femme d'une vingtaine d'années. Cette femme incarnait la laideur. Son visage était celui d'un crapaud, son corps celui d'un ours, son derrière celui d'un hippopotamme, ses mains des paluches. Je dis "paluches" car je n'ose les comparer à celles d'un lion, animal bien trop noble pour supporter telle comparaison. Une de ses paluches arborait une petite bague, seul signe reconnaissable de féminité. Le reste de son corps était un un kyste, une tumeur, les neuf centimètres en trop de ma thyroïde.

Sa bouche, une fente hideuse qui parcourait d'un bout à l'autre son visage se terminait sur des bajoues d'un ridicule horipilant. Son cerveau était celui d'une huître. Car cette jeune femme incarnait non seulement la laideur, elle incarnait aussi la bétise. La grammaire vivait sous sa plume un calvaire dont même Job lui-même n'eût pu se vanter. Cet holaucoste grammairien, ce génocide syntaxique n'était pas sans rappeler le martyr des premiers chrétiens. Les règles obéissaient aux lois physiques du monde d'Alice au pays des Merveilles. La mère de Kirikou n'eût pas reconnu son enfant.

Nous faisions l'accrochage de notre exposition de dessins et j'avais produit un certain nombre d'oeuvres. Ce nombre était égal à sept. Elle n'en avait produit qu'une. La Laideur Incarnée n'était pas contente que j'usse produit tant. Elle n'était pas contente que je me fusse investie dans ce travail. Elle glissait, çà et là, des commentaires et des regards sarcastiques. Au lieu de s'être elle-même investie elle avait préféré me tirer vers le bas. Me ramener vers elle, à son modeste niveau. La laideur Incarnée, au lieu de se hisser vers le haut, préférait tirer vers le bas, ramener à sa propre médiocrité les personnes qui cherchent à aller vers le haut. Je n'ai pas pu lancer un regard en direction de l'auteur de ces sarcasmes, que ce fut moi qui reçu des remarques quant à mon sens de l'humour que soi-disant je n'aurais pas. Des sarcasmes qui attirent un regard, un simple regard, muet et innocent attirant des remarques désagréables. Ce ne sont pas les gens qui se comportent mal qui sont montrés du doigt. La Laideur Incarnée avait fini son manège de sarcasmes après qu'on eût accroché mon huile sur toile par un "C'est bon, y a pas que tes dessins". Cette remarque ne suscita aucun émoi parmi les témoins. La Laideur  ne se contentait pas de sa hideur, elle était aussi la jalousie et la méchanceté.

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