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  • : Mon Univers : littérature, sciences et histoire se côtoient avec une pointe d'humour et de musique dans une chaude ambiance de feu agrémentée de photos, de dessins, de nouvelles et de citations.
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 17:48

     5000 personnes dorment à bord d'un vaisseau spatial, le Starship Avalon qui voyage à destination de la planète Homestead II. Le voyage est d’une durée de 120 ans. Les passagers sont maintenus dans un état d’hibernation le temps du voyage dans des capsules individuelles. Ils sont supposés se réveiller quatre mois avant l'arrivée. Mais un accident survient lorsqu’un météore particulièrement gros parvient à traverser le bouclier du vaisseau provoqu ant un dysfonctionnement. Un passager nommé Jim Preston, mécatronicien de fonction, se réveille 90 ans trop tôt. Celui-ci va rapidement comprendre qu'il est condamné à passer tout le reste de sa vie seul à bord du vaisseau.

Un certain nombre de thèmes sont présents dans ce film : bien sûr le rapport à la technologie, mais aussi l’amour, la mort, la solitude, mais également les loisirs, la nature et la jouissance.

/!\ SPOILERS /!\

I – Se réveiller seul au monde

     Tout d’abord, nous analysons le cadre du film : un vaisseau à destination d’une planète nouvelle avec à son bord un simple mécatronicien en route pour une terre où il pourra se rendre utile, construire sa maison. Cette allégorie est celle du simple ouvrier qui traverse la mer ou l’océan pour immigrer. Ce voyage intersidéral est en fait une prolongation du sans-frontiérisme.

     Quand il se rend compte qu’il s’est réveillé trop tôt, Jim tente tout pour essayer de tout faire rentrer dans l’ordre, en vain. Il cherche alors du réconfort auprès d’Arthur, le barman androïde du vaisseau qui lui dit de ne pas penser à pourquoi il est là, maintenant et qu’il devrait profiter de ce qui est disponible. La situation de Jim est une allégorie de la présence de l’homme sur Terre : un accident. Tout comme Jim s’est accidentellement réveillé au milieu de l’espace bien que tous les androïdes lui soutiennent que c’est impossible, l’apparition de l’homme sur la Terre, au milieu de l’espace est due à un hasard improbable. De la même manière que Jim s’est réveillé accidentellement sans moyen de se rendormir et n’a plus qu’à profiter des services proposés par le vaisseau, l'homme doit chercher à profiter au maximum de la vie plutôt que de passer son temps à essayer de lui trouver un sens ou de chercher à miser sur un éventuel au-delà. C’est ce qu’il va faire sur les conseils d’Arthur, son unique compagnon.

     Jim va alors profiter de toutes les prestations que le vaisseau offre, notamment en matière de loisirs : restaurants, basket, bar, danse, balade dans l'espace, piscine, jeux vidéos… Jim va alors entrer dans une utilisation anarchique de ses loisirs solitaires, libéré de toute autorité et de tout regard social. très vite, la solitude commence à le ronger et Jim sombre peu à peu dans une dépression qui va même le conduire au bord du suicide. Un jour, il trouve la cabine d’Aurora Lane à qui il va s’intéresser à travers des interviews disponibles à bord du vaisseau. Il est alors tenté de la tirer de son sommeil pour se sortir de sa solitude. Un dilemme s’offre à lui : mettre une autre personne dans le même pétrin que lui sans possibilité de retour en arrière en s’offrant la possibilité de se sortir de sa solitude et de vivre une histoire d’amour ou continuer à vivre seul sans la déranger. Malgré ses tentatives ne ne pas céder à la tentation, il finira par y céder.

 

II – Une vie à deux, seuls au monde

 

     Aurora a d’abord du mal à se faire à l’idée de passer sa vie à bord du vaisseau. Commence alors pour eux deux une vie d’amour et de luxe, une vie de couple de rêve où ils se partagent à eux seuls tous les loisirs disponibles à bord du vaisseau qui trouvent alors une nouvelle dimension. L'homme est un être social avant tout. Un être qui ne peut pas être heureux s'il vit seul, quand bien même il aurait accès à tout ce qu'il veut. La jouissance solitaire, anarchique et nihiliste ne peut lui procurer le bonheur. La jouissance doit se faire dans un cadre collectif, en communion avec les autres. Grâce à elle, il a accès à de nouvelles prestations alimentaires, plus luxueuses, celles-ci. Seul, il n’avait accès qu’à des petits déjeuners bas de gamme, mais comme Aurora a payé un voyage de première classe, il peut accéder à des petits déjeuners de luxe. L’individu seul ne se suffit pas à lui-même, il a besoin de congénères avec qui il peut être complémentaire. Jim, dans sa jouissance solitaire, était malheureux. Mais avec Aurora, sa « femme », il retrouve le bonheur. Cela fait aussi écho au récit biblique Adam et Eve. Adam se sentait seul et Dieu lui a suscité une femme pour qu'il puisse y trouver calme, joie et sérénité auprès d'elle.

 

III – Le vaisseau en péril

 

     Un troisième personnage est réveillé, il s’agit du chef du quart, Gus Mancuso dont la capsule vient de subir un dysfonctionnement. Le dysfonctionnement de sa propre capsule a provoqué chez lui des nécroses internes, il est donc condamné. Grâce à lui, ils ont accès à tout le vaisseau. Il va les aider à comprendre l’origine des dysfonctionnements du vaisseau. En effet, ils découvrent que suite à la collision qui a réveillé Jim, les problèmes s’enchaînent et se déchaînent, mettant le vaisseau et toute sa communauté humaine en péril. Ils vont alors devoir chercher l’origine de la panne et y remédier, au péril de leur propre vie. C’est l’utilisation de la technologie qui est ici critiquée et qui met en péril l’humanité. Cela nous renvoie à notre utilisation actuelle de la technologie. Lors de la dernière scène du film, on voit dans le hall qu’un immense jardin a poussé que des robots sont en train d’entretenir. Les deux personnages ont retenu la leçon du risque technologique et qu’elle doit être utilisée en harmonie avec la nature. C’est le message que veut nous envoyer le film à ce moment là.

     Le rapport à la mort est également présent et s’affirme de plus en plus au cours de ce film. D’abord, c’est Jim qui découvre qu’il va mourir à bord du vaisseau, ensuite Aurora qualifie le geste de Jim consistant à l’avoir réveillée de « meurtre », Gus meurt à la suite de son réveil brutal et accidentel, enfin, c’est la vie de tous les passagers qui est en jeu. D’abord, ce rapport à la mort trouve comme réponse la jouissance absolue à travers l’amour et les loisirs, à la fin, il faut remédier au risque que tout le monde meure accidentellement. Cela nous renvoie naturellement à notre propre rapport à la vie et à la mort. En effet, en l’absence de vie céleste, nous devons profiter au maximum de notre vie terrestre. Cependant les conséquences de l’application de cette idée qui passe par l’utilisation de la technologie et le consumérisme sont en train de mettre l’humanité en péril. Pour l’éviter nous devons utiliser plus sagement la technologie.

 

Conclusion

 

     L’apparition de l’homme au milieu de l’espace, tout comme le réveil de Jim Preston, est accidentel. Plutôt que de se perdre en conjectures sur le but de sa présence, il faut profiter de ce qui est à notre disposition ici bas. La jouissance ne peut être que collective, son aboutissement étant l’amour entre deux êtres.

     Le film apparaît comme le passage d’hommes d’une terre à une autre, une « traversée du désert » qui a pour objectif de reconstruire ailleurs une civilisation nouvelle. Le vaisseau et les capsules d’hibernation sont en quelque sorte les cocons dans lesquels l’humanité subit une mutation qui va les mener à une utilisation plus parcimonieuse de la technologie, en harmonie avec la nature.

 

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 13:54

Nombreuses sont les idées reçues qui circulent à propos des Roms. En voici quelques unes :

-Les Roms sont tous Roumains et tous les Roumains sont des Roms.

-Ils ne possèdent pas de nationalité (alors qu'ont dit d'eux qu'ils sont Roumains)

-Tous les Roms vivent dans des caravanes

-etc.

Tout d'abord, qui sont les Roms?

Les Roms sont une ethnie d'Europe, majoritairement répartie en Europe de l'Est dont les ancêtres ont quitté l'Inde plusieurs siècles auparavant. Leur langue est le Romani qui partage un lien de parenté avec le sanskrit. Le mot "Rom" signifie "homme ayant réussi sa vie". Cette appellation est officielle et elle a été choisie à Londres en 1971 par l'Union Romani Internationale. Il existe différentes branches de cette ethnie comme les Tziganes, majoritairement répartis en Grèce, les gitans vers l'Espagne et le Portugal, les Bohémiens, du nom du royaume de Bohême, l'actuelle Pologne, Il existe aussi les Manouches, les Sintés et les Romanichels. Ils représentent la plus grande minorité d'Europe et aussi la plus pauvre. Ils sont ceux dont la mortalité infantile est la plus élevée.

Répartition géographique :

Lumière sur les Roms et les peuples nomades d'Europe

Origines :

Originaires du Nord de l'Inde, ils auraient été réduits en esclavage par les Turcs qui avaient besoin de forgerons aux alentours du 11ème siècle. C'est en Turquie que s'est formée la langue romani ainsi que le néo-perse et l'arménien qui partagent jusqu'à 900 racines communes. Lors de la diaspora qui eut lieu au 13ème siècle, certains se convertirent à l'Islam pour racheter leur liberté et migrèrent dans différents pays d'Europe où ils se convertirent au Christianisme.

Ils ont été confondus avec les Egyptiens, d'où le mot anglais "gipsy".

Bien que majoritairement situés en Europe de l'Est, nous les voyons en Europe occidentale par exemple en France. Souvent, ces personnes ont fuit leur pays d'origine où ils exerçaient des emplois d'ouvrier et habitaient des maisons et des appartements. En réalité, 90% d'entre eux sont sédentaires. Ils possèdent leur propre drapeau :

Lumière sur les Roms et les peuples nomades d'Europe

Les autres nomades d'Europe :

Les Roms ne doivent pas être confondus avec les Irish Travelers qui sont un groupe nomade Irlandais n'ayant aucun lien de parenté avec ces derniers.

Ils n'ont pas non plus grand chose à voir avec les "gens du voyage" qui sont une appellation administrative française désignant les gens dont le mode de vie amène à se déplacer souvent comme les forains et n'ont pas forcément de lien de parenté avec les Roms. Ils sont Français pour 90% d'entre eux.

Les Yéniches sont une tribu nomade d'Allemagne n'ayant pas de parenté avec les Roms

Il existe également les Pirdés de souche fançaise

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Roms

https://www.youtube.com/watch?v=s8iKqMzl7RE

http://www.arte.tv/sites/fr/leblogueur/2013/12/08/vous-avez-dit-tsigane/

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 18:33
Lamasticot

Le lamasticot est un étrange mammifère d'origine cosmique apparu probablement au Pérou dans la Cordillière Blanche. Il fut découvert en 1888 par un explorateur Tchétchène du nom de Karlov Metasonohanmodov qui étudiait une plante connue sous le nom de "oublipadenlvetechus avandtavanturela" qui poussait dans la région où il pensait trouver des variétés similaires.

Le lamasticot est doté de facultés assez particulières telles que la clairvoyance, la lévitation, la capacité de lancer des lasers avec ses yeux, ou encore celle de tirer des boules de feu par l'anus. En ce qui concerne cette dernière, on ignore toujours comment sont générées ces boules de feu et comment fait son rectum pour résister à de telles températures. On pense également qu'il est capable de survivre dans le vide spatial.

On trouve des représentations et des descriptions de cet animal chez les Mayas et les Incas, mais aussi chez les Egyptiens ainsi que les Sumériens. L'étude de ces sources laisse supposer qu'il est venu de l'espace des millénaires auparavant après que sa civilisation eut été détruite à la suite d'une guerre intersidérale il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine. Il aurait été adulé dès son arrivé par les civilisations anciennes à qui il aurait donné différentes offrandes telles que de l'or, de l'encens et de la myrrhe et selon certaines sources pour les Mayas les treize crânes de cristal. Il leur aurait aussi enseigné l'écriture, la monnaie et probablement d'autres choses que l'on ignore encore. Selon une légende mise au jour le 10 octobre 2010, pendant leur traversé du désert, les Hébreux n'auraient pas construit un veau d'or mais un lamasticot d'or.

On ignore encore de quoi il se nourrit, mais il semble apprécier le nectar de prune, les oeufs brouillés, le lait caillé, et des chercheurs ont également réussi à démontrer que cet animal était particulièrement friand du boeuf à l'échalotte accompagné d'épinards et de petits ognons bien poivré. Son dessert préféré aurait été identifié comme étant la tarte aux fraises.

Le lamasticot est encore entouré de mystères irrésolus comme le fait que son poil semble être du même matériaux que la fibre optique. On ignore encore sa longévité, le lamasticot étant étudié depuis le plus longtemps l'est depuis 1888, l'année de sa découverte.

On estime qu'il en existe 300 dans le monde, un chiffre contesté, le lamasticot semblant capable de se téléporter, voire de se dédoubler, ces facultés étant contestées par de nombreux chercheurs.

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 11:11

Genre : théatre de l'Absurde

Auteur : Eugène Ionesco

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Rhinocéros est un représentant de théatre de l'Absurde. Il fut publié en 1959 par Eugène Ionesco après sa fuite du nazisme.

L'Absurde se caractérise par le désarroi de l'homme par rapport à sa place dans le un monde dont le sens est biaisé par la masse conformiste. Il se caractérise ici par la transformation des habitants d'une ville en rhinocéros.

 

Résumé

Cette pièce se divise en trois actes, chacun montrant un stade de l'évolution de la « rhinocérite ».

Acte I

Dans l'acte I, les rhinocéros en liberté provoquent tout d'abord l'étonnement et choquent les personnages. Jean ne parvient pas à croire que ce qu'il a vu était réel, il énonce même clairement « cela ne devrait pas exister ». Le patron de l'épicerie jette un cri de fureur (révolutionnaire) en voyant la ménagère partir avec son chat écrasé « Nous ne pouvons pas nous permettre que nos chats soient écrasés par des rhinocéros ou par n'importe quoi ! ». Comme à la montée de chaque mouvement politique extrémiste et totalitaire, les gens sont tout d'abord effrayés.

 

Acte II

Les habitants commencent à se transformer en rhinocéros et à suivre la "rhinocérite". C'est là que l'on relève les premières oppositions clairement marquées, selon Botard c'est « une histoire à dormir debout ! », « c'est une machination infâme ». Ce dernier ne veut pas croire en la réalité de la "rhinocérite" (comme certains ont pu nier la montée des extrêmes). Mais pourtant lui aussi va se transformer en rhinocéros malgré ses préjugés, montrant ainsi que même les plus résistants peuvent être dupés par les beaux discours de la dictature. Les personnes commencent à se transformer en rhinocéros : c'est le cas de Monsieur Bœuf, rejoint ensuite par sa femme, « je ne peux pas le laisser comme ça » dit-elle pour se justifier. Les pompiers sont débordés, le nombre de rhinocéros augmente dans la ville. Ensuite, Jean, personnage si soucieux de l'ordre au départ et si choqué par la présence de rhinocéros en ville, se transforme lui-même en rhinocéros, sous les yeux désespérés de son ami Bérenger. On assiste ainsi à la métamorphose d'un être humain en rhinocéros. Jean est tout d'abord malade et pâle, il a une bosse sur le front, respire bruyamment et a tendance à grogner. Puis il verdit de plus en plus et commence à durcir, ses veines sont saillantes, sa voix devient rauque, sa bosse grossit de plus en plus pour former une corne. Jean refuse que son ami appelle un médecin, il parcourt sa chambre comme une bête en cage, sa voix devient de plus en plus rauque et Jean émet des barrissements. Selon lui, il n'y a rien d'extraordinaire au fait que Bœuf soit devenu rhinocéros, « Après tout, les rhinocéros sont des créatures comme nous, qui ont le droit à la vie au même titre que nous ! », lui qui était pourtant si cultivé, si féru de littérature.

 

Acte III

Au dernier acte, tout le monde devient rhinocéros, même Daisy et Dudard. Bérenger est le seul à réagir humainement et à ne pas trouver cela normal. Il s'affole et se révolte contre la "rhinocérite". Dudard minimise la chose puis devient rhinocéros car son devoir est « de suivre ses chefs et ses camarades, pour le meilleur et pour le pire » (camaraderie enseignée dans les jeunesses hitlériennes). Et Daisy refuse de sauver le monde pour finalement suivre les rhinocéros qu'elle trouve soudainement beaux, dont elle admire l'ardeur et l'énergie. Néanmoins, après beaucoup d'hésitations, Bérenger décide de ne pas capituler : « Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu'au bout ! Je ne capitule pas ! ». La pièce se termine ainsi.

Source : wikipédia

Le totalitarisme

Eugène Ionesco aborde ici le thème du totalitarisme mais aussi du conformisme par la transformation des habitants d'une ville en rhinocéros. On voit divers peronnages se transformer en bêtes sauvages indifférenciées les unes des autres. Plus il y a de transformations , plus la normalité se déplace vers la bestialité et se fait alors une inversion des valeurs entre l'humanité et la bestialité, la métaphysique et l'idéologie par l'opposition entre les questions existencielles de Bérenger et ses raisonnements fantaisistes "peut-être a-t-il fait son nid sur une branche" et l'éloge de la force par Jean et la logique pervertie du logicien. Nous avons l'opposition entre la fonction phatique (relationnelle) du langage et sa fonction métalinguistique (échange d'idées) qu'on observe par exemple à la vue du rhinocéros quand tous les personnages non individualisés par leurs prénoms comme la ménagère ou le vieux monsieur répètent les mêmes répliques stéréotypées "Oh, un rhinocéros!", "ça alors!" et où Bérenger est le seul à se démarquer :"Ne pleurez pas madame, vous nous fendez le coeur" dit-il à la ménagère lorsque son chat se fait écraser. Enfin, le clivage entre l'individu et la masse. Masse incarnée par des personnages comme la ménagère, la serveuse, etc et l'individu incarné par Bérenger.

 Le conformisme s'avère ici être une forme de totalitarisme ou ni l'humain ni l'individu, ni les sentiments, ni l'imagination n'ont leur place. Jean confessera d'ailleurs dans l'Acte II "Je ne rêve jamais".

Les personnages

D'autres personnages individualisés par leurs noms se transforment en fonction de leurs caractéristiques personnelles. Certains ont des prédispositions, comme Monsieur Boeuf qui est le premier à se transformer.

  • Jean, dont le prénom prédispose à se fondre dans la masse des "gens" ne raisonne que par des lieux communs, il fait preuve d'une certaine mauvaise foi en prodiguant des conseils que lui-même ne suit pas. Il privilégie l'apparence par rapport à l'être en faisant des remarques sur la tenue vestimentaire de Bérenger. Lorsqu'il fait l'éloge de "l'homme supérieur" et du normalisme, il n'est qu'à un pas de faire l'éloge de la race aryenne. 
  • Botard, dont le nom fait référence aux bottes de nazi est prédestiné à écraser. Il est anti-tout. Après avoir dit que "les journalistes sont tous des menteurs", il se dit "antiraciste" puis, critique les méridionaux et leur excès d'imagination. Sa mauvaise foi le fait nier qu'il a affirmé l'inexistence du rhinocéros lorsqu'il apperçoit monsieur Boeuf métamorphosé en bas de l'escalier. " "Non, monsieur Dudard, je ne nie pas l'existence rhinocérique, je ne l'ai jamais niée". 
  •  Dudard, quant à lui, c'est son ouverture d'esprit excessive qui va l'amener à tolérer l'intolérable  et à se rallier à l'opinin commune. Ce personnage est réservé dans sa prise d'opinion. Il accepte tous les points de vue "Je ne dis pas le contraire, je ne vous approuve pas non plus".
  • Daisy est l'incarnation de tous les archétypes féminins. Selon une lecture psychanalitique de l'oeuvre que l'on pourrait avoir, Daisy souffre d'un complexe de personna (ce que l'on représente aux yeux de la société) : elle représente tous les archétypes féminins, simple passante, lors du premier Acte, blondasse draguée par ses collègues lors du deuxième Acte, puis amante lors du troisième Acte. Elle finira par se rallier à la nouvelle norme par fascination pour les rhinocéros. 
  • Enfin, le logicien se métamorphosera à force de confusion par paralogisme d'une logique pervertie  qui fait écho lors de l'Acte I à à la leçon de morale de Jean. 
  • Les personnages restants, qui forment la masse des individus se transforment uniquement par conformisme.

La métamorphose

La métamorphose symbolise l'abandon de la cause humaine au nom de de la bestialité. Elle est issue d'un processus logique, celui du totalitarisme, et ne peut donc pas être placée dans un cadre fantastique. Les personnages changent de forme, pas de fond. C'est leur conformisme, leurs tendances personnelles qui font pencher la balance du côté de la métamorphose. Le rhinocéros est un animal lourd, fonceur, écrasant. L'écrasement du chat au deuxième passage de rhinocéros révèle la potentialité de tueur du rhinocéros. La couleur verte représente l'uniforme nazi. La transformation de Jean dans son appartement peut être vue à un niveau psychanalitique comme le symbole de l'être : ici le mal vient de l'intérieur de soi-même. Juste après le passage des deux rhinocéros, il se fait un débat sur le nombre de cornes des rhinocéros, est-ce qu'il y a eu deux rhinocéros ou deux fois le même, est-ce que le rhinocéros africain ou asiatique qui a une ou deux cornes, etc... aucun ne se demande pourquoi il y a eu un passage de rhinocéros. La beauté des têtes qui grandit montre l'échange entre les valeurs. Les rhinocéros étaient vilains, c'est eux qui sont beaux. "Ce sont des dieux" dit Daisy. 

De même, ce serait une erreur de voir chez Bérenger une transformation intérieure : en effet, il est le seul à ne pas changer. Il reste lui-même jusqu'au bout. Il reste humain, mais ne devient pas surhumain. Il reste antihéros jusqu'au bout et ne devient pas pas héros car à aucun moment il n'a accompli d'actes exceptionnels. Bérenger ne fait ni preuve d'une force ou d'une volonté particulière, il reste simplement représentant de de la cause humaine. Tout au long du monologue final il est en proie au doute.

Déformation du langage

Le langage étant le principal moyen de communication, sa déformation devient une arme totalitaire. Jean s'exprime par tautologies pendant qu'il fait l'éloge de la force "j'ai de la force parce que j'ai de la force" Le passage du rhinocéros couvre les conversations et gêne la communication entre les personnages. Les répliques des personnages au passage du rhinocéros sont stéréotypées : tous répètent les uns après les autres "Oh un rhinocéros" Cette répétition symbolise une tendance qu'ont les individus à répéter les paroles des leaders sans les nuancer. Lors de l'Acte II, Jean renonce à s'exprimer par phrases articulées et se met à pousser des grognements. "Chaud... trop chaud. Démolir tout cela. Vêtements ça gratte". À l'acte III Daisy propose même d'apprendre leur langage : "Mais nous devrions essayer de comprendre leur psychologie,  d'apprendre leur langage" ce à quoi Bérenger répond : "Ils n'ont pas de langage! Ecoute... Tu appelles cela un langage?"


Rhinocéros est une pièce extrêmement bien faite et très juste à bien des égards dans laquelle on pourra toujours lire de nouvelles chose, ce qui fait la richesse de cette oeuvre. En l'étudiant, on retrouve des modes de pensée que l'on retrouve dans notre réalité quotidienne.

  • Les "Jean" qui font l'éloge de la force, du normalisme et ne tolèrent aucune fantaisie, sont les symboles du totalitarisme le plus basique.
  • Des ultralibéraux comme Dudard qui, à force de faire preuve de tolérance envers tout courant de pensée finissent par tolérer l'intolérable. Le libéralisme et la tolérance doivent être nuancés parce que, poussés à leurs extrèmes, c'est une forme de cannibalisme social, où tout le monde se bouffe le nez, qui finira par se développer. 
  • La tendance à dire du mal de tout et tout le monde, chez Botard les Méridionnaux, les journalistes, la négation des extrêmes, chez certaines personnes, les juifs, les musulmans, les arabes, les noirs, les blancs, les étrangers, les gens qui mettent un drapeau français sur leur balcon, etc... Botard se dit même antiraciste, et c'est en étant antiraciste, antifasciste que l'on finit par réprimer les gens qui ne le sont pas.
  • Le sens du devoir envers la société comme en parle Dudard, ou comme le fait Daisy. L'esprit de camaraderie ou le désir de plaire à la société, maintenus de ménère irréfléchie pousseront à accomplir l'inacceptable.
  • Les suiveurs, qui ne raisonnent qu'avec le cerveau commun, prêts à acepter n'importe quelle idée qui correspond aux normes de la société.

L'individu doit trouver son équilibre par rapport à lui-même et non par rapport à la société. Il existe dans le monde ds tas de modèles sociaux très différents et un l'individu ne peut saisir la vérité du monde en se basant sur celle de la société dans laquelle il vit.

 


 

 

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 12:57

C'est bien la première fois que je présente une artiste sur mon blog. Dadamaino, c'est une artiste italienne née en 1930 et décédée en 2004. Elle a participé à différents mouvements d'avant-garde sans jamais se rattacher à l'un d'eux.http://www.tornabuoniart.fr/images/Dadamaino_2.jpg


Cette oeuvre est une de ses premières. C'est une toile qu'elle a découpée à coup de cutter. Elle a dit qu'elle détestait la matière, elle a donc ainsi fait sa propre révolution.


http://www.tornabuoniart.fr/images/Dadamaino_66.jpg http://c300221.r21.cf1.rackcdn.com/dadamaino-il-movimento-delle-cose-1348002994_b.jpg

 

Elle a également participé au mouvement cinétique comme nous le prouvent les deux oeuvres ci-dessus.

http://www.wsimagazine.com/multimedia/3972/3972_2.jpg

Ici, nous voyons des traits mais si nous nous approchons, nous observons des H en file indienne. Cette oeuvre est une de ses pièces maîtresses. En 1976 a eu lieu le massacre de Tal-el-Zataar. trois cents Palestiniens ont été assassinés sur une plage par l'armée israëlienne. La communauté internationale savait que le masacre allait avoir lieu et n'a pas réagi. Outrée, Dadamaino se rend sur la plage de Tal-el-Zataar où elle rédige une immense lettre dans le sable. Le lendemain, s'en retournant voir ce qu'il était advenu de sa lettre elle s'aperçoit que la mer a tout effacé. Excepté la lettre H, une lettre muette. Elle se met donc a rédiger des H.

Par la suite, elle se mettra à inventer son propre alphabet et elle remplit des pages et des pages de ces lettres inexistantes.

 

http://vivimilano.corriere.it/agenda/arte-e-cultura/foto/2012/05/wp/dadamaino-0_7342--400x320.jpg?v=20120528125550http://avds-ec-labergementlesauxonne.ac-dijon.fr/IMG/png/dscf8943.png

Cette immense oeuvre, de dix mètres de long est sa dernière. Dépressive, elle se met à tracer des petits traits sur une grande feuille transparente qui donnent un mouvement quand on observe de loin. Au total, elle aura mis un an à la finir.

http://leconsortium.fr/wp-content/gallery/dadamaino/2237-13.jpg

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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 12:16

     Comme promis, je vous présente ce groupe venu d'ailleurs. Orphaned Land est un groupe de metal progressif oriental israélien (qui n'égorge pas les Palestiniens). Leur musique mélange donc metal et instruments orientaux traditionnels avec de grandes parties calmes et d'autres très puissantes. Ils abordent les thèmes de la religion et de la paix inter religieuse (ouh vilain Satan va-t-en d'ici!) ce qui s'explique par leur position géographique. Orphaned Land bénéficie d'une certaine renommée dans certains pays arabes ainsi qu'en Turquie. Je ne m'attarderai pas sur l'historique et les membres du groupe, cet aspect qu'on peut trouver facilement en cherchant sur Wikipédia. Non, je vais donner ma vision toute personnelle de ce que j'estime être un groupe en mérite de reconnaissance. De plus, si vous êtes tombé sur cet article de mon blog, c'est que vous avez cherché longuement des infos sur le Net et vous vous intéressez de près à ce groupe.

                     http://wallpaper.metalship.org/images/orphaned-land2.jpg

     Ce qui m'a immédiatement fait accrocher ce sont les mêmes qualités qui m'ont retenue chez Queen. C'est l'aspect chaotique et authentique. Les gars n'étaient au départ pas pourvus de l'expérience qu'ont certains mélodistes et arrangeurs pour créer des chansons parfaites. Ils n'étaient pas pour autant dépourvus de talent. Une mélodie en enchaîne une autre totalement différente ou enchaine sur un chœur, ou alors un riff approximatif vient s'insérer telle une épine dans le pied. C'est le rock tel que je le conçois. Rebelle, sauvage, anarchiste et pas un enchainement calculé, prévisible et logique menant à la chanson soi-disant idéale. Il en est de même pour la voix, parfois gutturale de Kobi Fahri qui ne cherche pas à rentrer dans des accents pop académiques comme on peut en entendre sur le dernier album de Lacuna Coil ou dont Delain a fait sa spécialité. Les instruments orientaux s'intègrent naturellement et de manière brute et offrent de somptueuses parties acoustiques. La diversité linguistique n'est pas en reste puisqu'Orphaned Land fait tout naturellement usage de la langue maternelle des membres qui le composent. On y trouve de l'Arabe, du Yéménite, du latin et une chanson sur leur dernier album a été adaptée au Turc, pays dans lequel ils comptent apparemment beaucoup de fans et qui est interprétée par Kobi Farhi. Les textes se révèlent d'un niveau de langue assez élevé.

 

Mabool (2004)

                  http://userserve-ak.last.fm/serve/_/63219141/Mabool.jpg

     Mabool, qui signifie déluge en hébreu croise la spontanéité d'un groupe encore jeune et l'expérience grandissante d'un groupe qui a déjà quelques albums derrière lui, ce qui place cet album au sommet de leur carrière. C'est un album-concept qui se base sur un épisode de la bible : le déluge comme l'indique son nom. S'y trouvent des passages de la Torah dits par Kobi Farhi et l'une des chansons, building the Ark est un passage de la bible en latin chanté comme par une dizaine de fidèles enveloppés d'une foi chaleureuse sur un fond apaisant de musique acoustique que ne viennent troubler ni basse ronflante ni riff de guitare enragé. Le chant guttural de Farhi a toute la place pour exprimer la colère de Dieu envers les péchés des hommes sur plusieurs autres titres. Les titres s'enchaînent comme s'ils n'étaient qu'un à l'instar des trois prophètes dans Birth of the Three sur lequel les grognements alternent avec le chant clair et laissent place à des "leiliyaaaa leiliyaaaa" donnant un contraste étonnant avec l'aspect metal de la chanson et lui confèrent en partie son aspect chaotique. Avant de continuer je dois vous faire un aveu : la première fois que j'ai entendu Ocean Land j'ai immédiatement détesté! Il m'a fallu de longs mois avant qu'enfin, je tombe sur Sapari que j'ai adorée, ce qui m'a poussée à écouter les albums à la recherche de chansons similaires. The Kiss of Babylon se caractérise aussi par son aspect chaotique avec des "lailailai" avec l'apparition de la voix de Shlomit Levi. La chanson se termine en douceur par son chant traditionnel yéménite et enchaîne de façon naturelle sur A' Salk qu'elle interprète seule. Elle est rejointe un peu plus tard par une sorte de buzuki puis des percussions. A Call To Awake a ceci d'intéressant qu'on entend dans l'introduction un enregistrement de guitare inversé du plus bel effet. The calm before the flood est un calme instrumental plus sombre qu'il n'en a l'air. Pour bien s'en rendre compte, il faut l'écouter sous un ciel menaçant et le morceau livre enfin toute sa magie. Il reste un instrumental d'une grande qualité pour son expressivité malgré sa simplicité. L'introduction de Mabool est le summum de l'album. On imagine parfaitement l'arche se soulever sous le flot abondant des eaux. Encore une fois, la chanson s'enchaîne sans coupure sur the Storm Still Rages Inside où les grognements de Kobi ne sont pas en reste. L'histoire se termine bien évidemment par un arc-en-ciel avec des petits oiseaux qui chantent. Quant à Ocean Land et Nora el Nora avec son final au piano, elles font partie avec d'autres bien sûr de mes préférées de l'album.

                   

 

 

The Never Ending Way of ORwarriOR

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     The Never Ending Way of OrwariOr suit son grand frère avec l'habituelle caractéristique d'un album dont le prédécesseur est exceptionnel : légèrement moins bon. L'album n'est pas mauvais pour autant et commence en force avec Sapari, aux accents mystiques. On y trouve une ballade mémorable, Bereft in the Abyss, à l'aspect orientalisant venant des abysses de la tradition israélienne. Olat Ha'tamid, un poème écrit par un rabbin du fin fond des âges mêle de façon très contiguë chant hébraïque et sonorités metaleuses. Le point culminant de l'album arrive avec la somptueuse New Jérusalem. Longue de dix bonnes minutes, elle s'inscrit à la perfection dans le genre progressif avec des parties très acoustiques, ce genre de chansons qu'on ne s'attendrait à entendre arrangée ainsi uniquement en live. À un moment on n'entend plus qu'une simple percussion traditionnelle. Ces parties acoustiques sont entrecoupées par des riffs de guitare électrique. La chanteuse Shlomit Levi y fait une apparition et donne à la chanson sa dimension aérienne. Un passage du coran se cache sur cet album. On le retrouve sur le titre Disciples of the Sacred Oath II. L'album contient un très bel artwork qui reprend le thème de la pochette. On y voit des morceaux de paroles des chansons calligraphiées sur du parchemin accompagnées de graphismes encrés.

 

 

All is one

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     Cet été Orphaned Land revient avec un album d'un nouveau style. Un pas a été franchi. On sent les Israéliens professionnels comme jamais auparavant (peut-être trop?). L'album est, contrairement à ses prédécesseurs, très académique. Les chansons sont arrangées avec une précision quasi chirurgicale. Les riffs sont énergiques, les mélodies orientalisantes s'ancrent à la perfection au sein de la chanson telle une barre de fer plantée dans du béton. On peut trouver à l'album un aspect nightwishisant. La voix se fait nettement moins saturée et plus conventionnelle. Ce genre de chansons pourrait être interprétées à l'Eurovision sans faire tache tout en relevant le niveau de la soupe qui nous est servie chaque année. Celle-ci sort tout juste de la casserole, cuisinée avec les vieux ingrédients d'un Orphaned Land ayant décidé de renouveler sa recette. Le groupe a mûri et nous sert une galette composée de ses éléments de base mais agencés de manière calculée à la perfection, d'une logique indiscutable tendant vers un idéal musical. Quoi? C'est ce que j'ai dit que je reprochais aux autres musiques? Qu'importe! L'album n'en est pas moins agréable à écouter. Il atteint des sommets de somptuosité sur des chansons comme Through Fire and Water et Ya Benaye mais aplatit la ballade Brother qui, après traduction ne mérite pas d'être aussi fade.

Les thèmes abordés sont ceux les plus chers au groupe : la paix inter religieuse au Moyen-Orient. L'album ne parle quasiment que de cela. La pochette résume à la perfection le message qu'essaie de faire passer le groupe. Les trois symboles religieux monothéistes sont soudés les uns dans les autres en une trinité de religions toutes de la même essence. Du dessus descend une divine lumière dorée qui s'étend sur toute l'image. Probablement une lueur d'espoir que la paix pourra un jour intervenir entre les frères de l'Orient.

     L'album s'introduit avec All Is One. "Nous ne sommes qu'un" scande un chœur de bonnes sœurs. Chrétiens, Juifs, Musulmans. La voix de Kobi Farhi glisse sur les notes avec une maîtrise certaine. The Simple Man est l'histoire d'un simple homme qui cherche à guider deux peuples à travers une paix et une harmonie coexistencielle. Mais il prévient : il n'est pas Jésus-Christ malgré le fait qu'on le voie sur scène dans une tenue rappelant ledit prophète. Brother est l'histoire de deux frères dont les descendants s'entredéchirent. L'un des frères, en l'occurrence Isaac, fils d'Abraham lance un appel perdu au loin à Ismaël, parti avec sa mère à travers le désert depuis longtemps. La chanson, malgré sa platitude apparente est une des plus profondes de l'album et aurait pu être rehaussée par des parties acoustiques auxquelles Orphaned Land nous a habitués. La chanson aurait ainsi trouvé le relief qui lui manque tout en variant l'album d'une unité déconcertante. Let the Truce be Known parle d'une trêve rêvée entre les Arabes et les Israéliens tels deux enfants à qui on a enseigné que l'autre est un ennemi et à la fin de laquelle les deux protagonistes s'entretuent les yeux dans les yeux comme si rien ne s'était produit. Nous apprécierons la rythmique particulière qui se trouve juste après le pont de cette chanson. Through Fire ans Water. Nous retrouvons dans la longue introduction les éléments orientaux dont Orphaned Land avait fait sa spécialité. Tels des Roméo et Juliette version orient, un Hébreu et une Arabe chantent dans leurs langues respectives et s'aiment à travers les mensonges, le sang et le feu. Fail est la seule chanson de l'album où l'on retrouve les grognements de Kobi Farhi, ce qui n'est pas sans rappeler les albums précédents. Et ça fait du bien! Suivent Shama'im et Ya Benaye, en hébreu et en yéménite. La dernière, écrite par Aaron Amram est chantée par ses fils Sharar et Elram sur une mélodie entêtante et entraînante qui ne donne qu'une envie, celle de remuer les hanches. Sans aucun doute la plus entraînante de l'album, les paroles, cependant, semblent dépourvues d'un intérêt quelconque, ce qui en fait en quelque sorte l'antithèse de Brother. Our Own Messiah. Nous sommes chacun notre propre messie. Pourtant les hommes suivent aveuglément imams, prêtres, rabbins, gourous, attendant que ceux-ci leur donnent les réponses sans qu'ils aient à les chercher au fond d'eux même. Nous enchaînons avec Children, spécialement consacrée à la Syrie, qui avec les évènements actuels se retrouve jour après jour avec de nouveaux orphelins sur les bras. C'est sur cette tragique chanson que se conclut ce nouvel opus.

     Entre commercial et grandiose, c'est à chacun de se faire son avis. Quoi qu'il en soit, cet album reste un album académique d'une grande qualité musicale qui sonne comme un futur incontournable de la carrière du groupe.

                

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 16:57

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Prononcez "guiédré". Elle est mignonnette la petite blondinette avec sa robe cochonou et sa guitare. Ses chansons aussi. Enfin... presque.

Musicalement, elle nous évoque une Carla Bruni trash aux chansons douces chantées d'une voix fluette s'accompagnant seulement de sa guitare à la manière de Georges Brassens. Les paroles sont crues et évoquent sans pudeur divers aspect de l'amour et de la sexualité, tels que la contraception, l'amour en prison, ainsi que ses aspects les plus noirs comme la pédophilie. Elle nous livre sa propre vision du monde à travers des chansons simples teintées de cynisme et d'humour noir.

 


 

 


 

 

 

Ses textes nous semblent au premier abord s'adresser à des kikoolols débiles avec l'omniprésence de la sexualité dans les chansons. On pourrait croire à des chansons paillardes ou humoristiques. Il n'en est rien. Le style de Giedré s'inscrit dans la lignée de la chanson réaliste. Cependant, les textes de Giedré contrastent par la simplicité de sa musique et de ses paroles. Elle évoque ainsi la cruauté de la vie et des gens. La sexualité occupe une place importante, comme elle l'occupe dans le monde, même si on n'ose pas toujours se l'avouer.

 

 

 

 

 

Le monde selon Giedré est à la fois rose et mignon et dur et pervers. Les textes se révèlent finalement d'une certaine maturité et d'une vision de la vie un peu originale, tantôt pessimiste, tantôt optimiste comme nous le prouve la chanson "Avec le sourire" ou encore "Poète pouet pouet"

 

 



 

 

 

 

 

 

 


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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 16:53

Katzenjammer est un groupe norvégien avec un nom allemand, des paroles en anglais, et un son époustouflant ! Formé en 2005 par Marianne Sveen, Solveig Heilo, Anne-Marit Bergheim et Turid Jørgensen (se prononce "yeu"). Le nom du groupe signifie "miaulement insupportable" et qualifierait selon leurs propres dires leurs premiers essais musicaux et vient en fait d'une bande dessinée : "Katzenjammer Kids" à laquelle elles s'identifient. Mats Rybø est en quelque sorte le cinquième membre du groupe qui n'apparaît pas sur scène. C'est un ami de Solveig qui écrivait des chansons et elle lui a proposé de les interpréter.

http://cinema.rockwitch.com/wp-content/uploads/2010/05/KatzenjammerKids.jpg

La personnalité du groupe rappelle l'univers des cartoons tant dans leurs chansons que sur scène. Elles citent comme influences Danny Elfman, Django Reinhardt, ainsi que les Tex Avery. Leur style musical est un mélange de pop, de folk, de country et de musique folklorique issue de divers pays d'Europe comme la valse, la musique irlandaise, balkanique, etc...

Elles n'utilisent que des instruments acoustiques. Elles maîtrisent chacune une dizaine d'instruments de musique de l'habituelle guitare acoustique à l'étrange contrebasse balalaïka.

Anne-Marit est même capable de jouer non pas deux, mais trois instruments à la fois : de l'harmonica, de l'accordéon et du vibraphone.

http://userserve-ak.last.fm/serve/_/34361619/Katzenjammer.jpg

de gauche à droite : Solveig , Turid(avec la contrebasse balalaïka), Anne-Marit et Marianne

J'ai découvert ce groupe au festival du chien à plumes alors que j'allais voir le groupe Apocalyptica. J'ai immédiatement accroché à leur style musical à la fois moderne et traditionnel, leur énergie et leur délire. Elles possèdent chacune leur propre personnalité, mais Marianne semble légèrement s'imposer en tant que leader. Elles ont a leur actif deux albums studio qui sont "Le Pop" et "A Kiss Before You Go" qui ne manquent pas de punch et d'originalité. Leur talent est confirmé sur scène par leur présence électrique et leur énergie contagieuse. L'unique défaut du groupe étant que les voix des chanteuses ne contrastent pas assez les unes des autres.


 La chanson que vous allez écouter s'appelle "A Bar In Amsterdam" elle est issue de l'album Le Pop :

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J'ai choisi celle-ci parce qu'elle est très entraînante et originale. C'est la chanson qui les a révélées lors d'un concours pour artistes sans contrat et qui a gagné la troisième place.

N'hésitez donc pas à vous lever si vous avez envie de bouger et a inviter votre voisin  danser, Maestro, musique !


On peut même me voir dans le public en rouge avec mon père et un ami à moi

 

 

 

Le reste de l'album est une vraie perle, alors n'hésitez pas à écouter la suite...

Site officiel

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 10:13

Magnifique, grandiose, chevaleresque, épique, féerique, magique, onirique, merveilleux, incroyable, grandiloquent, extraordinaire, fantastique, formidable, exceptionnel, divin, splendide, exquis, sublime, sensationnel, unique, majestueux, époustouflant, somptueux, fabuleux, monumental, hors-norme, inimitable, inégalable, inoubliable, incomparable, énorme, gigantesque, excellent, monstrueux, remarquable, admirable, délectable, phénoménal, incontournable, magistral, épatant, fantasque, enchanteur, fantasmagorique, mirifique, indescriptible... Que de superlatifs pour qualifier le groupe

http://metalchroniques.fr/wp3/files/2013/11/itw_oshy_Rhapsod_o_fir_01.jpg

Rhapsody of Fire, c'est un groupe de metal ou plus précisément de power metal mélodique symphonique épique d'influence baroque avec des ambiances médiévales, appelé plus simplement hollywood metal. Il fut formé par le guitariste Luca Turilli et Alex Staropoli, claviériste en Italie. Le groupe était alors appelé Thundercross, puis Rhapsody. Il est aujourd'hui formé de Fabio Lione, Alex Staropoli, Alex Holzwarth, Oliver Holzwarth et Tom Hess. 


 

La musique de Rhapsody of Fire se caractérise par ses envolées épiques, son tempo rapide, ses chœurs, ses parties instrumentales symphoniques, ses mélodies et son chant puissant, parfois agressif. La somptuosité des orchestration contraste parfois avec le chant grind/death/black/core/craché/vomi/vagi. Au lieu de casser la beauté de la musique, cela l'enrichit et cette dernière gagne ainsi en diversité et s'insère parfaitement dans le contexte de la chanson. Cependant, ce type de chant reste occasionnel et le chant est habituellement clair. Nous restons donc loin du style black metal.

Leurs chansons mélangent l'anglais pour s'adresser à un large public, l'italien parce que c'est leur langue maternelle et le latin pour plus d'épique et de mystère. 

Les albums de Rhapsody of Fire sont des albums-concept racontant des quêtes chevaleresques sous forme de sagas que l'on retrouve d'album en album. Les pochettes sont l'œuvre de Felipe Machado Franco, un artiste colombien. Elles représentent des créatures fantastiques, souvent des dragons inscrits dans des paysages fantastiques.

http://download.gameblog.fr/images/blogs/25834/56021.jpg

 Discographie

Rhapsody 

1997 : Legendary Tales

1998 : Symphony of Enchated Lands

2000 : Dawn of Victory

2001 Rain of a Thousand Flames

2002 : Power of the Dragonflame

2004 : Symphony of Enchanted Lands II - The Dark Secret

2006 : Triumph or Agony

Rhapsody of Fire

2010 : The Frozen Tears of Angels

2011 : From Chaos to Eternity

Luca Turilli's Rhapsody

2012 : Ascending to Infinity

Rhapsody a récemment sorti un nouvel album avec comme chanteur le ténor Alessandro Conti. Envolées lyriques au programme!

 


 


 

 

 


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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 15:11

Avertissement : la lecture de cet article nécessite la mise sur pause de la chanson que vous êtes peut-être en train d'écouter.


Si les Elfes ou les Anges faisaient du hard, ça ressemblerait sans doute à cela :


 

 

 

 

 Nightwish est un groupe de métal symphonique. Il est le parfait mélange de la force et la puissance du métal et de la noblesse et la beauté des symphonies.

Il est composé du leader-auteur-compositeur principal et claviériste Tuomas Holopainen, de la chanteuse Anette Olzon qui remplace Tarja Turunen, du bassiste, chanteur et auteur-compositeur Marco Hietala qu'on reconnait facilement à sa barbe pour le moins... originale, du guitariste Emppu Vuorinen et du batteur Jukka Nevalainen.

à l'origine composé de la chanteuse lyrique Tarja Turunen, le groupe se fait connaître en Finlande puis dans le monde pour son originalité et la qualité de ses compositions. Tarja est renvoyée en 2005, puis remplacée par Annette Olzon à la voix plus "standart". Ils sortent l'album Dark Passion Play et Anette est accusée de ne pas être à la hauteur par de nombreux fans.


"Nightwish, c'est la beauté dans toute sa splendeur"

Et si vous ne me croyez pas, écoutez ceci :

Attention : les chansons qui vont suivre sont épiques et votre ordinateur nécessite une assez bonne puissance pour ne pas faire un "bluescreen".

 
 Les Elfes et les Anges, n'est-ce pas? Et non, tout ceci a été composé par un être humain du nom de Tuomas Holopainen.

 

Pot pourri


 

 

 



http://puissance.rock.free.fr/blog/data/images/nightwish.jpg

ceci est... mon fond d'écran.

 

 

http://e1.img.v4.skyrock.net/e15/cruel-childrens-game/pics/2976614191_1_3_6BffBxsM.jpg

Illustration pour "The poet and the pendulum"

 

 

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Tuomas Holopainen, fondateur, leader, auteur-compositeur et claviériste de Nightwish...

 


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Marco Hietala se faisant des cornes avec des bananes

 


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La belle Tarja

 


297879 209604022438804 136158826449991 568419 684981828 n

Marco...

 


318703 209604082438798 136158826449991 568423 1694717216 n

Emppu Vuorinen assis par terre

 

 

 


http://perlbal.hi-pi.com/blog-images/237948/gd/1180388658/Nouvelle-chanteuse-de-Nightwish-Anette.jpgLa nouvelle princesse de Nightwish

Anette Olzon (c'est bon de répéter)

 


http://fc06.deviantart.net/fs41/f/2009/031/6/3/Marco_Hietala_by_GIVEthemHORNS.jpg

Marco et sa fameuse barbe

 

 


http://images2.fanpop.com/images/photos/8000000/-nightwish-nightwish-8074491-1024-768.jpg

Je vous remet pas son nom...

Celui que j'ai pas encore mis, quoi.


 

http://www.roumazeilles.net/news/en/wordpress/wp-content/uploads/optical_illusion_18.jpg?dcd64b

Au cas où vous sauriez plus quoi faire, vous n'avez qu'a compter les chevaux.

 

Nightwish a, à ce jour, sorti 6 albums studio :

Angel Fall first : plus une démo qu'un vrai album. Tarja est à l'époque plutôt mezzo-soprano. On entend Tuomas chanter en duo avec Tarja (Marco n'ayant pas encore intégré le groupe) "The Carpenter" qui devint un tube en Finlande. Album de Nightwish le moins abouti, il prouve néanmoins les talents de guitariste de'Emppu Vuorinen ainsi que ceux de compositeur de Tuomas. C'est aussi le seul album où l'on peut l'entendre chanter (et tant mieux!) On y trouve néanmoins de très bons éléments dont les chansons Toutankhamen par exemple.

Oceanborn : Tuomas dit s'être inspiré du groupe Stratovarius dans la composition de cet album au influences power-metal fortement marquées qui fera grandir la renommée du groupe en dehors de ses frontières. On y trouve des perles comme Moondance, Passion and the opera,  qui rapelle l'air de la reine de la nuit ainsi que Sleeping Sun, une des pus belles ballades de Nightwish.

Wishmaster : Wishmaster au titre éponyme suit la voie tracée par Oceanborn avec des influences symphoniques. comme dans son prédécesseur, les voix masculines sont interprétées par des invités. On y trouve les titres She's My Sin et The Kinslayer qui parle de la fusillade du lycée Columbine.

Century Child : le côté power métal s'estompe un peu pour mettre l'accent sur le côté symphonique des compositions. Cet album marque également l'arrivée du bassiste et chanteur Marco Hietala. Les titres dominants sont Bless The Child et End Of All Hope

Once : Le côté power-métal a disparu pour laisser une grande place aux orchestrations. La participation de l'orchestre philharmonique de Londres pour la première fois et l'influence du chant Amérindien de Creek Mary's Blood, la variété des thèmes abordés et la recherche musicale très poussée, en particulier sur Ghost Love Score en font l'album de Nightwish le plus abouti et le plus représentatif de ce style. C'est le dernier album avec Tarja.

Dark Passion Play : Loin d'être l'album le plus accompli de Nightwish, il contient néanmoins des éléments intéressants comme la chanson "The Poet And The Pendulum" l'introduction de chant gospel dans "Meadows Of Heaven" et la forte influence celtique de "The Islander" écrite et interprétée par Marco et "Last Of The Wild". On retrouve l'orchestre philharmonique de Londres. Cet album sert surtout de transition d'une aire à une autre. comme l'indiquent les chansons "The poet and the penduleum" et "Bye Bye Beaytiful" qui est un adieu à Tarja.

Imaginearum : Imaginaerum, dont le premier extrait est  "Storytime",  est une sorte d'album concept qui sera accompagné d'un film qui raconte l'histoire d'un vieux compositeur qui croit qu'il est encore jeune. Il suit la voie dégagée par ses prédessesseurs en beaucoup plus abouti, les influences de Dany Elfman et d'Ennio Moricone, se font sentir sur les chansons Scaretale et Turn Loose The Mermaids. Les guitares sont bien plus présentes, la voix de Marco est heavy à souhait, l'album contient de nombreuses influences dont jazz avec la chanson Slow, Love, Slow.

  Un concours est également organisé sur le thème de la chanson "The Crow, The Owl, and The Dove". Il s'agit de créer un clip. Voir ma propre création : Nightwish - The crow, the owl and the dove - Nuclear blast fan video contest

Une petite dernière pour la route?

 


 

 

 


 


 


 

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