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  • : Tigre de Feu
  • : Mon Univers : littérature, sciences et histoire se côtoient avec une pointe d'humour et de musique dans une chaude ambiance de feu agrémentée de photos, de dessins, de nouvelles et de citations.
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 12:20

Genre : absurde, nouveau roman

Auteur : Albert Camus

http://lacritiquante.files.wordpress.com/2013/03/camus.gif

Résumé : Le roman met en scène un personnage-narrateur nommé Meursault, vivant à Alger en Algérie française. Le roman est découpé en deux parties.

Meursault reçoit un télégramme lui annonçant lui la mort de sa mère. Durant les funérailles il n'exprime aucun chagrin

Après l'enterrement, Meursault décide d'aller nager, et fait la rencontre de Marie, une ancienne de ses collègues avec qui il va au cinéma puis passe la nuit. Le lendemain matin, son voisin, Raymond Sintès, un proxénète notoire, lui demande de l'aider à écrire une lettre pour dénigrer sa maîtresse dont il craint les représailles du frère. Meursault accepte. La semaine suivante, Raymond frappe et injurie sa maitresse dans son appartement. La police intervient et convoque Raymond au commissariat. Celui-ci utilise Meursault comme témoin de moralité. En sortant, il l'invite, lui et Marie, à déjeuner le dimanche suivant à un cabanon au bord de la mer, qui appartient à un de ses amis, Masson.

Dans l'après-midi, Meursault, Raymond et Masson se promènent sur la plage et croisent un groupe d'Arabes, dont le frère de la maitresse de Raymond fait partie. Une bagarre éclate, Meursault convainc Raymond de lui donner son révolver pour éviter qu'il ne blaisse quelqu'un. Plus tard, seul sur la plage accablée de chaleur et de soleil, il rencontre à nouveau l’un des Arabes, qui, à sa vue, sort un couteau. Meursault, ébloui par le reflet du soleil sur la lame, se crispe sur le revolver dans sa poche, le tuant d'une seule balle. Sans raison particulière, il tire quatre autres coups de feu sur le corps (ce qui lui sera reproché lors de son procès, excluant la légitime défense et l'homicide involontaire). Fin de la première partie.

Dans la seconde moitié du roman, Meursault est arrêté et questionné. Ses propos sincères et naïfs mettent son avocat mal à l'aise. Il ne manifeste aucun regret. Lors du procès, on l'interroge davantage sur son comportement lors de l'enterrement de sa mère que sur le meurtre. Meursault se sent exclu du procès. Il dit avoir commis son acte à cause du soleil, ce qui déclenche l'hilarité de l'audience. La sentence tombe : il est condamné à la guillotine. Meursault voit l'aumônier, mais quand celui-ci lui dit qu'il priera pour lui, il déclenche sa colère.

Avant son départ, Meursault finit par trouver la paix dans la sérénité de la nuit.

 

Le personnage

Meursaul est un personnage difficile à cerner dont la personnalité n'est pas clairement définie. Il ne donne pas d'indications sur ses sentiments. Il fait peu de commentaire à la réception du télégramme lui annonçant la mort de sa mère : "cela ne veut rien dire". Il fait un écit rétrospectif depuis sa prison. Meursault est un personnage étrange, étranger au monde des hommes, à leur justice bien qu'il l'accepte, étranger à Dieu et en communion avec la nature. Il va souvent à la mer. C'est d'ailleurs là qu'il retourne après l'enterrement de sa mère. On peut voir ici un jeu de mot mer/mère indicant qu'après l'avoir enterrée il retourne à elle en allant se baigner. Meursault est étranger à la justice des hommes, mais fait tout de même la différence entre le bien et le mal, puisqu'il admet que Céleste valait mieux que Raymon le proxénète lorsqu'il se demande "Qu'importait que Raymon fût mon copain autant que Céleste qui valait mieux que lui?". Meursault est honnête et sincère dans le sens où il ne dit pas plus que ce qui est contrairement à Salamano qui ajoute à toutes ces phrases "et je dirais plus" sans que cela n'apporte quoi que ce soit au sens de sa phrase. Il refuse d'exagérer ses sentiments. Il serait incorrect de voir chez Meursault de la dignité dans le sens où il parvient à dominer ses émotions, car quand l'avocat lui demande "s'il pouvait dire que ce jour là (il) avait dominé (ses) sentiments naturels" il répond "non, parce que c'est faux". Meursault pose un regard détaché sur la vie, tout lui est égal, les expressions "cela m'était égal" et "cela n'a pas d'importance" reviennent souvent. Il est dépourvu d'ambition. Lorsque son patron lui propose une promotion à Paris il déclin sous prétexte "qu'on ne change jamais de vie et que toutes se valent". Cette vision de la vie porte sur l'existencialisme, idée selon laquelle la vie n'a pas de sens. D'ailleurs il ne croit pas en Dieu, puisque cette façon de voir la vie exclut n'aturellement l'existence de Dieu. 

 

Le jugement

La personnalité étrange de Meursault va amener le tribunal à une erreur judiciaire à cause du procureur et de l'avocat chargé de le défendre qui s'avère incompétent "Mais il m'a semblé qu'il avais beaucoup moins de talent que le procureur". Meursault renonce à s'expliquer sur les raisons qui l'ont poussé à tirer, par paresse et car il n'aime pas dire plus que ce qui est, contrairement à à Salamano qui ajoute "et je dirais plus" à chacune de ses phrases. Cette caractéristique lui jouera un mauvais tour, puisque son économie des mots et l'importance qu'il leur accorde qui fait qu'il n'en use pas à tort et à travers, fera dire au procureur "il sait répondre. Il connaît la valeur des mots" et s'en servira contre lui pour prouver que Meursault est intelligent et qu'il a agit en connaissance de cause. Quand on lui demande les motifs de son geste, tout ce qu'il trouve à répondre, c'est "c'est à cause du soleil". Meursault est jugé par rapport à la manière dont il a enterré sa mère. Il dit à Marie lorsqu'il le lui annonce ce n'est pas ma faute". Pourtant, il est accusé "d'avoir enterré sa mère avec un coeur de criminel". Meursault n'exprime aucun regret du fait qu'il se considère comme un élément du cosmos, un engrenage d'un évènement tragique qui commence à partir du soleil jusqu'à sa main, cette dernière lui étant étrangère. Au long du roman, la phrase "ce n'est pas ma faute" reviendra souvent. Il est possible d'établir une relation entre l'évènement dramatique et l'enterrement de la mère à la lecture de la phrase "C'était le même soleil que le jour où j'avais enterré maman" en voyant chez Meursault une manière inconsciente de déverser son chagrin, une forme de suicide "comme quatre coups brefs qu('il) tirai(t) sur la porte du malheur". 

 

L'étranger

Meursault est un être étranger à la société des hommes, à leur justice, à Dieu. Meursault est un être primitif, en harmonie avec la nature : "de l'éprouver si pareil à moi (le monde)". C'est la raison pour laquelle il se considère comme un élément du cosmos, il est dans son élément quand il est dans la mer. C'est quand il se révolte contre l'aumônier qu'il assume pleinement son statut "d'étranger". Cette révolte agit sur lui comme une catharcis. En se révoltant  ainsi contre l'aumônier, il se révolte contre ceux qui veulent lui faire renoncer à son statut d'étranger, mais pas contre le système qui constitue selon lui l'ordre du monde. D'ailleurs, il espère "qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de (son) exécution et qu'ils (l') accueillent avec des cris de haine." Cette étrangeté fait de Meursault un représentant de l'Absurde dans le sens où ses valeurs son jugées contraires à celles de la société : son honnêteté fait de lui un criminel aux yeux de la société dont il est la victime. Ses qualités se retournent contre lui. L'importance qu'il porte au langage le fera juger comme un homme intelligent ayant agit en toute connaissance de cause, ce que ne manquera pas de remarquer Meursault lors du procès qui il pensera "Mais je ne comprenais pas bien comment les qualités d'un homme ordinaire pouvaient devenir des charges écrasantes contre un coupable. À l'image du personnage de Bérenger dans Rhinocéros, et un peu à l'inverse, il se fait une inversion des valeurs entre les qualités de Meursault qui deviennent des défauts, tout comme chez Bérenger, ses défauts feront de lui le dernier représentant de la race humaine quand tous les autres se seront laissés allés à la sauvagerie. Sa pauvreté (on sait qu'il vit dans une chambre) contribue à faire de lui une victime de la société. Meursault est un martyr dans le sens où il accepte de mourrir pour la vérité, vérité qui ne consiste pas à ne pas mentir, mais qui consiste à ne pas dire plus que ce qui est, dans un monde où l'on a l'habitude de dire ce que l'on attend de nous.  Son point de vue existencialiste sur la vie nous ramène à l'Absurde car Meursault est le seul a assumer pleinement que la vie n'a pas de sens. 

La narration

Le style narratif est simple, Il alterne entre des passages très sobres et de passages emprunts de poésie "À travers les lignes de cyprès qui menaient aux collines près du ciel, cette terre rousse et verte, ces maisons rares et bien dessinées, je comprenais maman". Le narrateur s'exprime au passé composé. C'est une sorte de récit rétrospectif que Meursault vit au présent. Les paroles sont rapportées au discours indirect par Meursault lui-même, signe qu'il se fait le récit à lui-même, mais aussi au lecteur, comme on peut le voir au début du chapitre II de la deuxième partie : "Il y a des choses dont je n'ai jamais aimé parlé (...)".

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 11:11

Genre : théatre de l'Absurde

Auteur : Eugène Ionesco

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Rhinocéros est un représentant de théatre de l'Absurde. Il fut publié en 1959 par Eugène Ionesco après sa fuite du nazisme.

L'Absurde se caractérise par le désarroi de l'homme par rapport à sa place dans le un monde dont le sens est biaisé par la masse conformiste. Il se caractérise ici par la transformation des habitants d'une ville en rhinocéros.

 

Résumé

Cette pièce se divise en trois actes, chacun montrant un stade de l'évolution de la « rhinocérite ».

Acte I

Dans l'acte I, les rhinocéros en liberté provoquent tout d'abord l'étonnement et choquent les personnages. Jean ne parvient pas à croire que ce qu'il a vu était réel, il énonce même clairement « cela ne devrait pas exister ». Le patron de l'épicerie jette un cri de fureur (révolutionnaire) en voyant la ménagère partir avec son chat écrasé « Nous ne pouvons pas nous permettre que nos chats soient écrasés par des rhinocéros ou par n'importe quoi ! ». Comme à la montée de chaque mouvement politique extrémiste et totalitaire, les gens sont tout d'abord effrayés.

 

Acte II

Les habitants commencent à se transformer en rhinocéros et à suivre la "rhinocérite". C'est là que l'on relève les premières oppositions clairement marquées, selon Botard c'est « une histoire à dormir debout ! », « c'est une machination infâme ». Ce dernier ne veut pas croire en la réalité de la "rhinocérite" (comme certains ont pu nier la montée des extrêmes). Mais pourtant lui aussi va se transformer en rhinocéros malgré ses préjugés, montrant ainsi que même les plus résistants peuvent être dupés par les beaux discours de la dictature. Les personnes commencent à se transformer en rhinocéros : c'est le cas de Monsieur Bœuf, rejoint ensuite par sa femme, « je ne peux pas le laisser comme ça » dit-elle pour se justifier. Les pompiers sont débordés, le nombre de rhinocéros augmente dans la ville. Ensuite, Jean, personnage si soucieux de l'ordre au départ et si choqué par la présence de rhinocéros en ville, se transforme lui-même en rhinocéros, sous les yeux désespérés de son ami Bérenger. On assiste ainsi à la métamorphose d'un être humain en rhinocéros. Jean est tout d'abord malade et pâle, il a une bosse sur le front, respire bruyamment et a tendance à grogner. Puis il verdit de plus en plus et commence à durcir, ses veines sont saillantes, sa voix devient rauque, sa bosse grossit de plus en plus pour former une corne. Jean refuse que son ami appelle un médecin, il parcourt sa chambre comme une bête en cage, sa voix devient de plus en plus rauque et Jean émet des barrissements. Selon lui, il n'y a rien d'extraordinaire au fait que Bœuf soit devenu rhinocéros, « Après tout, les rhinocéros sont des créatures comme nous, qui ont le droit à la vie au même titre que nous ! », lui qui était pourtant si cultivé, si féru de littérature.

 

Acte III

Au dernier acte, tout le monde devient rhinocéros, même Daisy et Dudard. Bérenger est le seul à réagir humainement et à ne pas trouver cela normal. Il s'affole et se révolte contre la "rhinocérite". Dudard minimise la chose puis devient rhinocéros car son devoir est « de suivre ses chefs et ses camarades, pour le meilleur et pour le pire » (camaraderie enseignée dans les jeunesses hitlériennes). Et Daisy refuse de sauver le monde pour finalement suivre les rhinocéros qu'elle trouve soudainement beaux, dont elle admire l'ardeur et l'énergie. Néanmoins, après beaucoup d'hésitations, Bérenger décide de ne pas capituler : « Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu'au bout ! Je ne capitule pas ! ». La pièce se termine ainsi.

Source : wikipédia

Le totalitarisme

Eugène Ionesco aborde ici le thème du totalitarisme mais aussi du conformisme par la transformation des habitants d'une ville en rhinocéros. On voit divers peronnages se transformer en bêtes sauvages indifférenciées les unes des autres. Plus il y a de transformations , plus la normalité se déplace vers la bestialité et se fait alors une inversion des valeurs entre l'humanité et la bestialité, la métaphysique et l'idéologie par l'opposition entre les questions existencielles de Bérenger et ses raisonnements fantaisistes "peut-être a-t-il fait son nid sur une branche" et l'éloge de la force par Jean et la logique pervertie du logicien. Nous avons l'opposition entre la fonction phatique (relationnelle) du langage et sa fonction métalinguistique (échange d'idées) qu'on observe par exemple à la vue du rhinocéros quand tous les personnages non individualisés par leurs prénoms comme la ménagère ou le vieux monsieur répètent les mêmes répliques stéréotypées "Oh, un rhinocéros!", "ça alors!" et où Bérenger est le seul à se démarquer :"Ne pleurez pas madame, vous nous fendez le coeur" dit-il à la ménagère lorsque son chat se fait écraser. Enfin, le clivage entre l'individu et la masse. Masse incarnée par des personnages comme la ménagère, la serveuse, etc et l'individu incarné par Bérenger.

 Le conformisme s'avère ici être une forme de totalitarisme ou ni l'humain ni l'individu, ni les sentiments, ni l'imagination n'ont leur place. Jean confessera d'ailleurs dans l'Acte II "Je ne rêve jamais".

Les personnages

D'autres personnages individualisés par leurs noms se transforment en fonction de leurs caractéristiques personnelles. Certains ont des prédispositions, comme Monsieur Boeuf qui est le premier à se transformer.

  • Jean, dont le prénom prédispose à se fondre dans la masse des "gens" ne raisonne que par des lieux communs, il fait preuve d'une certaine mauvaise foi en prodiguant des conseils que lui-même ne suit pas. Il privilégie l'apparence par rapport à l'être en faisant des remarques sur la tenue vestimentaire de Bérenger. Lorsqu'il fait l'éloge de "l'homme supérieur" et du normalisme, il n'est qu'à un pas de faire l'éloge de la race aryenne. 
  • Botard, dont le nom fait référence aux bottes de nazi est prédestiné à écraser. Il est anti-tout. Après avoir dit que "les journalistes sont tous des menteurs", il se dit "antiraciste" puis, critique les méridionaux et leur excès d'imagination. Sa mauvaise foi le fait nier qu'il a affirmé l'inexistence du rhinocéros lorsqu'il apperçoit monsieur Boeuf métamorphosé en bas de l'escalier. " "Non, monsieur Dudard, je ne nie pas l'existence rhinocérique, je ne l'ai jamais niée". 
  •  Dudard, quant à lui, c'est son ouverture d'esprit excessive qui va l'amener à tolérer l'intolérable  et à se rallier à l'opinin commune. Ce personnage est réservé dans sa prise d'opinion. Il accepte tous les points de vue "Je ne dis pas le contraire, je ne vous approuve pas non plus".
  • Daisy est l'incarnation de tous les archétypes féminins. Selon une lecture psychanalitique de l'oeuvre que l'on pourrait avoir, Daisy souffre d'un complexe de personna (ce que l'on représente aux yeux de la société) : elle représente tous les archétypes féminins, simple passante, lors du premier Acte, blondasse draguée par ses collègues lors du deuxième Acte, puis amante lors du troisième Acte. Elle finira par se rallier à la nouvelle norme par fascination pour les rhinocéros. 
  • Enfin, le logicien se métamorphosera à force de confusion par paralogisme d'une logique pervertie  qui fait écho lors de l'Acte I à à la leçon de morale de Jean. 
  • Les personnages restants, qui forment la masse des individus se transforment uniquement par conformisme.

La métamorphose

La métamorphose symbolise l'abandon de la cause humaine au nom de de la bestialité. Elle est issue d'un processus logique, celui du totalitarisme, et ne peut donc pas être placée dans un cadre fantastique. Les personnages changent de forme, pas de fond. C'est leur conformisme, leurs tendances personnelles qui font pencher la balance du côté de la métamorphose. Le rhinocéros est un animal lourd, fonceur, écrasant. L'écrasement du chat au deuxième passage de rhinocéros révèle la potentialité de tueur du rhinocéros. La couleur verte représente l'uniforme nazi. La transformation de Jean dans son appartement peut être vue à un niveau psychanalitique comme le symbole de l'être : ici le mal vient de l'intérieur de soi-même. Juste après le passage des deux rhinocéros, il se fait un débat sur le nombre de cornes des rhinocéros, est-ce qu'il y a eu deux rhinocéros ou deux fois le même, est-ce que le rhinocéros africain ou asiatique qui a une ou deux cornes, etc... aucun ne se demande pourquoi il y a eu un passage de rhinocéros. La beauté des têtes qui grandit montre l'échange entre les valeurs. Les rhinocéros étaient vilains, c'est eux qui sont beaux. "Ce sont des dieux" dit Daisy. 

De même, ce serait une erreur de voir chez Bérenger une transformation intérieure : en effet, il est le seul à ne pas changer. Il reste lui-même jusqu'au bout. Il reste humain, mais ne devient pas surhumain. Il reste antihéros jusqu'au bout et ne devient pas pas héros car à aucun moment il n'a accompli d'actes exceptionnels. Bérenger ne fait ni preuve d'une force ou d'une volonté particulière, il reste simplement représentant de de la cause humaine. Tout au long du monologue final il est en proie au doute.

Déformation du langage

Le langage étant le principal moyen de communication, sa déformation devient une arme totalitaire. Jean s'exprime par tautologies pendant qu'il fait l'éloge de la force "j'ai de la force parce que j'ai de la force" Le passage du rhinocéros couvre les conversations et gêne la communication entre les personnages. Les répliques des personnages au passage du rhinocéros sont stéréotypées : tous répètent les uns après les autres "Oh un rhinocéros" Cette répétition symbolise une tendance qu'ont les individus à répéter les paroles des leaders sans les nuancer. Lors de l'Acte II, Jean renonce à s'exprimer par phrases articulées et se met à pousser des grognements. "Chaud... trop chaud. Démolir tout cela. Vêtements ça gratte". À l'acte III Daisy propose même d'apprendre leur langage : "Mais nous devrions essayer de comprendre leur psychologie,  d'apprendre leur langage" ce à quoi Bérenger répond : "Ils n'ont pas de langage! Ecoute... Tu appelles cela un langage?"


Rhinocéros est une pièce extrêmement bien faite et très juste à bien des égards dans laquelle on pourra toujours lire de nouvelles chose, ce qui fait la richesse de cette oeuvre. En l'étudiant, on retrouve des modes de pensée que l'on retrouve dans notre réalité quotidienne.

  • Les "Jean" qui font l'éloge de la force, du normalisme et ne tolèrent aucune fantaisie, sont les symboles du totalitarisme le plus basique.
  • Des ultralibéraux comme Dudard qui, à force de faire preuve de tolérance envers tout courant de pensée finissent par tolérer l'intolérable. Le libéralisme et la tolérance doivent être nuancés parce que, poussés à leurs extrèmes, c'est une forme de cannibalisme social, où tout le monde se bouffe le nez, qui finira par se développer. 
  • La tendance à dire du mal de tout et tout le monde, chez Botard les Méridionnaux, les journalistes, la négation des extrêmes, chez certaines personnes, les juifs, les musulmans, les arabes, les noirs, les blancs, les étrangers, les gens qui mettent un drapeau français sur leur balcon, etc... Botard se dit même antiraciste, et c'est en étant antiraciste, antifasciste que l'on finit par réprimer les gens qui ne le sont pas.
  • Le sens du devoir envers la société comme en parle Dudard, ou comme le fait Daisy. L'esprit de camaraderie ou le désir de plaire à la société, maintenus de ménère irréfléchie pousseront à accomplir l'inacceptable.
  • Les suiveurs, qui ne raisonnent qu'avec le cerveau commun, prêts à acepter n'importe quelle idée qui correspond aux normes de la société.

L'individu doit trouver son équilibre par rapport à lui-même et non par rapport à la société. Il existe dans le monde ds tas de modèles sociaux très différents et un l'individu ne peut saisir la vérité du monde en se basant sur celle de la société dans laquelle il vit.

 


 

 

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 12:56

Je vois un monde où les hommes et les femmes passent 8 heures par jour à entretenir un système capitaliste, puis, leur journée terminée vont s'assoir face à un poste de télévision pour vendre leur temps de cerveau disponible afin d'acheter les marchandises qu'ils fabriquent toute la journée et qu'ils achètent avec l'argent qu'ils gagnent à les fabriquer. Et la boucle est bouclée.

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 08:03

Le 10 mai c'est l'anniversaire de l'abolition de la peine de mort †

"Condamné à mort !
Voilà cinq semaines que j'habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !"
Le Dernier jour d'un condamné - Victor Hugo

"Je croyais, comme Victor Hugo qu'"ouvrir une école c'est fermer une prison" et je militais ardemment contre la peine de mort."
En cherchant Majorana - Etienne Klein

"Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu'ils m'accueillent avec des cris de haine".
L'Etranger - Albert Camus

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 16:17

Le Front National premier du nom fut créé en 1934 suite à la crise du 6 février de la même année. Il disparaîtra en 1940. Le Front national (de lutte pour l'indépendance de la France) sera créé en 1941 par le Parti Communiste français qui était un mouvement de libération du C.N.R. (Conseil National de la Résistance). Ce mouvement est sans filiation aucune avec le précédent ni avec le Front National créé en 1972 par Jean-Marie Le Pen.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/8d/Carte_Front-National_1944_recto.jpg

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 12:15

Il est une chose que je me permettrais de reprocher au système de partis politique sur lequel est basée notre république. Chaque parti représente un courant de pensée précis où rien ne dépasse. Les politiciens, obsédés par leurs carrières et par leur désir d'avoir raison utilisent les statistiques, les faits et autres à leur avantage. On a tendance à privilégier la lecture d'études qui correspondent à nos opinions. Par exemple, la présidente du parti chrétien démocrate met en avant les études qui montrent que les enfants élevés par des couples homosexuels présentent à l'âge adulte des difficultés dans leur propre orientation sexuelle. De la même façon, Marine le Pen, qu'on ne présente plus privilégie les statistiques qui montrent que l'immigration fait perdre de l'argent à la France. Ces deux points de vue, loin d'être absolus sont très discutables en raison des nombreuses études qui se contredisent. Les politiciens (et politiciennes) utilisent ces études à leur avantage afin de promouvoir leur courant politique au mépris de l'honnêteté intellectuelle. Jamais on n'entendra un politicien d'un parti politique dire "vous avez raison, pardon je me suis trompé" à un homme politique d'un parti opposé, même si ce dernier a raison. Il promulguerait ainsi les idées de la concurrence.

Les différents partis politiques travaillent donc les uns contre les autres, ce qui est contre-productif pour la société. Aucun parti ne possède la vérité absolue et les solutions parfaites à chacun des problèmes, pourtant il font comme si c'était le cas.

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 16:07

Ce n'est pas moi qui apparaît dans la vidéo mais elle est intéressante.

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 11:36

Copain/copine : littéralement le copain est celui avec qui l'on partage le pain. Le copain est un camarade de jeu, synonyme d'ami. Le petit copain est un amoureux. En quelques années le mot "petit" s'est soustrait et le clivage entre l'amitié et l'amour a disparu. Aujourd'hui, le bien aimé n'est plus qu'un simple "copain". Mais si le copain est celui avec qui on partage le pain, je vous laisse imaginer ce que l'on partage avec une copine.

race/racisme : la race est une fabrication génétique d'animaux pésentant des particularités similaires qui ont été croisés entre eux. Les races n'existent pas de façon naturelle, d'ailleurs, elles n'existent pas chez les espèces sauvages chez lesquelles ont trouve des parfois des sous-espèces. On n'en trouve pas chez l'homme, chez qui on a différents groupes phénotypiques. 

Le racisme était au départ l'idée d'une hiérarchie entre les races, c'est devenu l'idée que les différents phénotypes ne doivent pas se mélanger, ne peuvent acquérir la nationalité d'un pays dont la majorité des habitants a une couleur différente de la sienne, etc... Le mot racisme a remplacé le mot xénophobie, qui est le rejet des étrangers quelque soit leur couleur de peau. Le mot racisme est devenu une insulte à part entière que l'on jette à la figure de tous ceux qui expriment une opinion modérée ou bien de ceux qui font le simple constat que beaucoup d'entre nous ne sont pas de souche française. (vécu)

antisémite : mot que l'on entend à tout bout de champs ces derniers temps. L'antisémitisme est la haine des juifs pour ce qu'ils sont. On a tendance à amalgamer cette haine des juifs à l'antisionimsme. Le boycott d'Israël est considéré comme de l'antisémitisme alors qu'il est un acte de colère envers la politique que mène ce pays envers ses voisins.

décimer : Décimer est devenu un synonyme de massacrer. Dans décimer, il y a "décimale". Décimer, c'est infliger le sort de la décimation. Pendant une guerre, les prisonniers sont alignés et le chef d'armée compte les prisonniers et chaque fois qu'il arrive à dix il envoie la personne sur qui il tombe se faire fusiller.

passion : La passion c'est la souffrance. La passion du Christ, la passion des jeux. La passion est quelque chose dont on ne peut plus se passer, un centre d'intérêt qui nous accapare devient une passion. "la passion et le travail c'est la même chose" entendu à la télé. (travail => tripalium, un instrument de torture)

Second : Après le deuxième suit le troisième. Après le second, rien du tout.

Belle-mère : la belle-mère c'est la mère de celui ou celle qu'on épouse. C'est aussi celle avec qui papa se met quand maman est partie. La marâtre. Ce mot est tombé en désuétude parce qu'il est devenu péjoratif (je me demande bien pourquoi, tiens? /mode ironie activé/).

culte : Tout film qui sort et dont il est l'objet d'une pub à la télé, ou dont on parle à lé télé est forcément culte. Ce qui a tendance à dévaluer le mot.

Démocratie : on appelle démocratie le fait de voter et d'exprimer ses opinions. Or, démocratie vient du grec "demos" peuple et "kratos" le pouvoir. Le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple. Or, quand on vote, on donne en réalité le pouvoir à quelqu'un de décider à notre place. Notre gouvernement est composé d'une petite portion de la population, c'est ce que nous apelons "démocratie représentative". D'ailleurs, pendant longtemps, le mot démocratie a été péjoratif et n'était pas l'enjeu de la Révolution Française. La liberté d'expression est indispensable en démocratie, mais un pays où cette liberté existe n'est pas forcément dirigé par le peuple. Ce que nous appelons "démocratie" est en fait une oligarchie.

Europe : L'Europe n'est pas composée de 28 pays. L'Europe est un espace délimité géographiquement à l'Ouest par l'Océan atlantique, à l'Est par les monts Oural et au Sud par la mer Méditerranée. Cependant, il existe des institutions politiques en Europe comme le Conseil de l'Europe qui existe depuis 1949 et qui englobe les pays d'Europe sauf la Biélorussie, et l'Union européenne qui est une construction juridique supranationale démarrée en 1992. La Turquie, l'Ukraine, la Norvège et la Suisse font donc bel et bien partie de l'Europe, sans être pour autant membres de l'Union européenne.

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 19:53

"Subir un peu les moeurs  de ceux à qui l'ont fait loi, c'est l'habitude du vainqueur vis-àvis le vaincu raffiné"

 

Victor Hugo - L'homme qui rit chap II

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 16:34

Donc ceci est le bilan de ce que j'ai pu comprendre au cours de ces huits mois.

Cependant, j'ai appris des choses sur le fonctionnement de la société. La seule cuisine dont nous disposons étant la cuisine collective, cela nous permet - au-delà de ceux qui utilisent ce pretexte pour se comporter de manière individualiste diffusant des matchs de catch à qui veut bien (ou pas) les entendre - cela nous permet de partager un repas ensemble, L'un a des oeufs, l'autres des pâtes, un troisième apporte des légumes et c'est parti pour un repas complet quand on est a cours d'aliments. Ces moments sont rares mais nous apprennent des choses sur la manière dont pourrait fonctionner une société humaine. 

Voyez-vous, nous fonctionnons d'après un système solidaire hérité de la Résistance qui consiste à un partage des ressources de chacun par le biais des impôts qui seront ensuite redistribués à ceux qui en ont besoin comme la Sécurité Sociale, les APL ou encore le RSA. Ce système, certes très bien foutu nous éloigne les uns des autres et nous dispense de tendre la main à notre prochain. Nous pensons que la personne dans le besoin, celle qui fait la manche, par exemple aurait pu bénéficier d'une aide de l'Etat et que si elle ne l'a pas fait ça la regarde.

Pis, les bénéficiants de ce système solidaire sont vus comme des profiteurs de la part de ceux qui ont un travail et payent des impôts. Non seulement ce système tue la solidarité spontanée, mais elle crée une divison entre la population et les différentes classes sociales qui luttent finalement les unes contre les autres. L'augmentation du chômage n'arrange en rien ce phénomène. Des gens ne parvenant pas à trouver du travail bénéficient du RSA qui leur est versé grâce aux impôts que l'on prélève à ceux qui gagnent correctement leur vie.

De plus, ce système très efficace sert de soupape de sécurité. Le chômeur (ou le travailleur pauvre) ne parvenant pas à vivre décemment va faire des demandes d'aide et va les obtenir. Ainsi, il aura la sensation que le Gouvernement se soucie de son sort et ne se révoltera pas contre les élites. S'il rencontre des difficultés pour payer son loyer, il peut faire une demande d'APL et l'obtenir en fonction de ses revenus de l'année passée. Mais ce système est si bien fait que si les revenus actuels de la personne sont trop bas alors que ceux de l'année précédente étaient suffisament élevés, on tiendra compte quand même de sa situation actuelle dans le calcul de ses droits. Ainsi, les politiciens font coup double : ils protègent les citoyens de la précarité et évitent les révoltes.

Un autre aspect intéressant de la solidarité est le bonheur que l'on a à donner et à recevoir qui n'est pas un aspect très développé, même méconnu de nos sociétés occidentales. Le partage pourrait donc être un remède contre la morosité ambiante et sinon une solution, une alternative à la crise économique actuelle. Nous serions alors plus fort pour affronter les difficultés actuelles et  cela ferait reculer toutes formes de haine et d'extrémismes.

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