Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Tigre de Feu
  • Tigre de Feu
  • : Mon Univers : littérature, sciences et histoire se côtoient avec une pointe d'humour et de musique dans une chaude ambiance de feu agrémentée de photos, de dessins, de nouvelles et de citations.
  • Contact

Rechercher

27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 12:20

Genre : absurde, nouveau roman

Auteur : Albert Camus

http://lacritiquante.files.wordpress.com/2013/03/camus.gif

Résumé : Le roman met en scène un personnage-narrateur nommé Meursault, vivant à Alger en Algérie française. Le roman est découpé en deux parties.

Meursault reçoit un télégramme lui annonçant lui la mort de sa mère. Durant les funérailles il n'exprime aucun chagrin

Après l'enterrement, Meursault décide d'aller nager, et fait la rencontre de Marie, une ancienne de ses collègues avec qui il va au cinéma puis passe la nuit. Le lendemain matin, son voisin, Raymond Sintès, un proxénète notoire, lui demande de l'aider à écrire une lettre pour dénigrer sa maîtresse dont il craint les représailles du frère. Meursault accepte. La semaine suivante, Raymond frappe et injurie sa maitresse dans son appartement. La police intervient et convoque Raymond au commissariat. Celui-ci utilise Meursault comme témoin de moralité. En sortant, il l'invite, lui et Marie, à déjeuner le dimanche suivant à un cabanon au bord de la mer, qui appartient à un de ses amis, Masson.

Dans l'après-midi, Meursault, Raymond et Masson se promènent sur la plage et croisent un groupe d'Arabes, dont le frère de la maitresse de Raymond fait partie. Une bagarre éclate, Meursault convainc Raymond de lui donner son révolver pour éviter qu'il ne blaisse quelqu'un. Plus tard, seul sur la plage accablée de chaleur et de soleil, il rencontre à nouveau l’un des Arabes, qui, à sa vue, sort un couteau. Meursault, ébloui par le reflet du soleil sur la lame, se crispe sur le revolver dans sa poche, le tuant d'une seule balle. Sans raison particulière, il tire quatre autres coups de feu sur le corps (ce qui lui sera reproché lors de son procès, excluant la légitime défense et l'homicide involontaire). Fin de la première partie.

Dans la seconde moitié du roman, Meursault est arrêté et questionné. Ses propos sincères et naïfs mettent son avocat mal à l'aise. Il ne manifeste aucun regret. Lors du procès, on l'interroge davantage sur son comportement lors de l'enterrement de sa mère que sur le meurtre. Meursault se sent exclu du procès. Il dit avoir commis son acte à cause du soleil, ce qui déclenche l'hilarité de l'audience. La sentence tombe : il est condamné à la guillotine. Meursault voit l'aumônier, mais quand celui-ci lui dit qu'il priera pour lui, il déclenche sa colère.

Avant son départ, Meursault finit par trouver la paix dans la sérénité de la nuit.

 

Le personnage

Meursaul est un personnage difficile à cerner dont la personnalité n'est pas clairement définie. Il ne donne pas d'indications sur ses sentiments. Il fait peu de commentaire à la réception du télégramme lui annonçant la mort de sa mère : "cela ne veut rien dire". Il fait un écit rétrospectif depuis sa prison. Meursault est un personnage étrange, étranger au monde des hommes, à leur justice bien qu'il l'accepte, étranger à Dieu et en communion avec la nature. Il va souvent à la mer. C'est d'ailleurs là qu'il retourne après l'enterrement de sa mère. On peut voir ici un jeu de mot mer/mère indicant qu'après l'avoir enterrée il retourne à elle en allant se baigner. Meursault est étranger à la justice des hommes, mais fait tout de même la différence entre le bien et le mal, puisqu'il admet que Céleste valait mieux que Raymon le proxénète lorsqu'il se demande "Qu'importait que Raymon fût mon copain autant que Céleste qui valait mieux que lui?". Meursault est honnête et sincère dans le sens où il ne dit pas plus que ce qui est contrairement à Salamano qui ajoute à toutes ces phrases "et je dirais plus" sans que cela n'apporte quoi que ce soit au sens de sa phrase. Il refuse d'exagérer ses sentiments. Il serait incorrect de voir chez Meursault de la dignité dans le sens où il parvient à dominer ses émotions, car quand l'avocat lui demande "s'il pouvait dire que ce jour là (il) avait dominé (ses) sentiments naturels" il répond "non, parce que c'est faux". Meursault pose un regard détaché sur la vie, tout lui est égal, les expressions "cela m'était égal" et "cela n'a pas d'importance" reviennent souvent. Il est dépourvu d'ambition. Lorsque son patron lui propose une promotion à Paris il déclin sous prétexte "qu'on ne change jamais de vie et que toutes se valent". Cette vision de la vie porte sur l'existencialisme, idée selon laquelle la vie n'a pas de sens. D'ailleurs il ne croit pas en Dieu, puisque cette façon de voir la vie exclut n'aturellement l'existence de Dieu. 

 

Le jugement

La personnalité étrange de Meursault va amener le tribunal à une erreur judiciaire à cause du procureur et de l'avocat chargé de le défendre qui s'avère incompétent "Mais il m'a semblé qu'il avais beaucoup moins de talent que le procureur". Meursault renonce à s'expliquer sur les raisons qui l'ont poussé à tirer, par paresse et car il n'aime pas dire plus que ce qui est, contrairement à à Salamano qui ajoute "et je dirais plus" à chacune de ses phrases. Cette caractéristique lui jouera un mauvais tour, puisque son économie des mots et l'importance qu'il leur accorde qui fait qu'il n'en use pas à tort et à travers, fera dire au procureur "il sait répondre. Il connaît la valeur des mots" et s'en servira contre lui pour prouver que Meursault est intelligent et qu'il a agit en connaissance de cause. Quand on lui demande les motifs de son geste, tout ce qu'il trouve à répondre, c'est "c'est à cause du soleil". Meursault est jugé par rapport à la manière dont il a enterré sa mère. Il dit à Marie lorsqu'il le lui annonce ce n'est pas ma faute". Pourtant, il est accusé "d'avoir enterré sa mère avec un coeur de criminel". Meursault n'exprime aucun regret du fait qu'il se considère comme un élément du cosmos, un engrenage d'un évènement tragique qui commence à partir du soleil jusqu'à sa main, cette dernière lui étant étrangère. Au long du roman, la phrase "ce n'est pas ma faute" reviendra souvent. Il est possible d'établir une relation entre l'évènement dramatique et l'enterrement de la mère à la lecture de la phrase "C'était le même soleil que le jour où j'avais enterré maman" en voyant chez Meursault une manière inconsciente de déverser son chagrin, une forme de suicide "comme quatre coups brefs qu('il) tirai(t) sur la porte du malheur". 

 

L'étranger

Meursault est un être étranger à la société des hommes, à leur justice, à Dieu. Meursault est un être primitif, en harmonie avec la nature : "de l'éprouver si pareil à moi (le monde)". C'est la raison pour laquelle il se considère comme un élément du cosmos, il est dans son élément quand il est dans la mer. C'est quand il se révolte contre l'aumônier qu'il assume pleinement son statut "d'étranger". Cette révolte agit sur lui comme une catharcis. En se révoltant  ainsi contre l'aumônier, il se révolte contre ceux qui veulent lui faire renoncer à son statut d'étranger, mais pas contre le système qui constitue selon lui l'ordre du monde. D'ailleurs, il espère "qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de (son) exécution et qu'ils (l') accueillent avec des cris de haine." Cette étrangeté fait de Meursault un représentant de l'Absurde dans le sens où ses valeurs son jugées contraires à celles de la société : son honnêteté fait de lui un criminel aux yeux de la société dont il est la victime. Ses qualités se retournent contre lui. L'importance qu'il porte au langage le fera juger comme un homme intelligent ayant agit en toute connaissance de cause, ce que ne manquera pas de remarquer Meursault lors du procès qui il pensera "Mais je ne comprenais pas bien comment les qualités d'un homme ordinaire pouvaient devenir des charges écrasantes contre un coupable. À l'image du personnage de Bérenger dans Rhinocéros, et un peu à l'inverse, il se fait une inversion des valeurs entre les qualités de Meursault qui deviennent des défauts, tout comme chez Bérenger, ses défauts feront de lui le dernier représentant de la race humaine quand tous les autres se seront laissés allés à la sauvagerie. Sa pauvreté (on sait qu'il vit dans une chambre) contribue à faire de lui une victime de la société. Meursault est un martyr dans le sens où il accepte de mourrir pour la vérité, vérité qui ne consiste pas à ne pas mentir, mais qui consiste à ne pas dire plus que ce qui est, dans un monde où l'on a l'habitude de dire ce que l'on attend de nous.  Son point de vue existencialiste sur la vie nous ramène à l'Absurde car Meursault est le seul a assumer pleinement que la vie n'a pas de sens. 

La narration

Le style narratif est simple, Il alterne entre des passages très sobres et de passages emprunts de poésie "À travers les lignes de cyprès qui menaient aux collines près du ciel, cette terre rousse et verte, ces maisons rares et bien dessinées, je comprenais maman". Le narrateur s'exprime au passé composé. C'est une sorte de récit rétrospectif que Meursault vit au présent. Les paroles sont rapportées au discours indirect par Meursault lui-même, signe qu'il se fait le récit à lui-même, mais aussi au lecteur, comme on peut le voir au début du chapitre II de la deuxième partie : "Il y a des choses dont je n'ai jamais aimé parlé (...)".

Partager cet article

Repost 0
Published by Tigre de Feu (original) - dans Le coin du lecteur
commenter cet article

commentaires