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  • : Mon Univers : littérature, sciences et histoire se côtoient avec une pointe d'humour et de musique dans une chaude ambiance de feu agrémentée de photos, de dessins, de nouvelles et de citations.
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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 10:19

Résumé

Un utilisateur de Facebook qui m’avait déjà contactée m’a interpellée par message privé pour me demander mon avis sur le second tour. Je lui réponds Macron en lui donnant mes arguments. Je lui précise également que je suis adhérente UPR. Il m’exprime son désaccord en me disant que Le Pen est le moindre mal et que Macron nous apportera une pandémie de pauvreté sans pareil. D’après lui, nous sommes dans une Europe fasciste dont nous devons impérativement sortir. Il cite deux fois le nom d’Asselineau. Il écrit plusieurs messages à la suite. Dans l’un deux il dit que l’Europe est avant tout un programme nazi porté par Walter Hallstein et il soutient qu’Hitler et Mussolini étaient de gauche. Je lui lui détaille le programme de Marine Le Pen en lui expliquant pourquoi c’est une mauvaise idée et je lui dis qu’Hitler et Mussolini étaient d’extrême-droite. Il me dit que je me trompe et que ce que je dis relève du préjugé. Il me défend l’idée qu’être protectionniste n’est pas être xénophobe et me cite des exemples. Il enchaîne les messages et j’ai du mal à suivre. Mon interlocuteur est certainement sur un ordinateur, ce qui lui permet d’écrire plus vite que moi qui lui réponds sur un Iphone. Les réponses commencent à se faire en différé. Il ajoute qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, me dit que c’est l’Europe et l’OTAN fasciste qui provoquent l’immigration de masse par les guerres. Je réponds que je ne fais pas confiance à quelqu’un qui n’a pas d’expérience, je lui explique le clivage droite-gauche et lui explique que l’immigration n’est pas due à la pauvreté extrême, à la suite de quoi il répond que ce que je dis est irrationnel et que Le Pen a plus d’expérience que Macron et que la gauche et la droite n’ont pas lieu d’être dans le cadre de l’Union européenne. Je lui explique que je lui ai dit cela à propos d’Hitler, mais il persiste et me dit qu’il a plus de recul que moi et que je devrais plus écouter Asselineau. Je m’évertue à lui rappeler pourquoi je parle de gauche et de droite, mais il persiste et commence à s’énerver. Il dit qu’il est plus politisé que moi et que je suis incohérente, ce à quoi je réponds que c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Il m’insulte, j’éclate de rire. Il me reproche de ne pas avoir compris l’Europe, puis me dit au revoir. Je me moque de lui. Il m’envoie un lien overblog pour me prouver qu’Hitler était de gauche, blog qui s’avère ne publier que des choses qui vont toutes dans le sens des idées du Front national. Il me dit que cela l’énerve de parler avec des ignorants qui n’assument pas de dire des sottises. L’allure générale de la conversation est à l’image du débat de l’entre-deux-tours : un interlocuteur posé, dans le factuel et le concret face à un autre interlocuteur énervé, impoli, dans les slogans. Il me rappelle que la priorité est la sortie de l’UE et que l’immigration est un sujet de seconde zone avant de me bloquer. Depuis un compte secondaire je lui envoie un message pour lui dire que sa logique le menait à voter pour des nazis. Il me débloque et s’excuse en me disant que c’est la cigarette et me dit que le nazisme correspond plus à L’UE et à Macron qu’au Front national. Il affirme exécrer le côté raciste et rétrograde de le Pen mais pense que c’est juste du marketting. Je réponds qu’il y a eu une campagne de dédiabolisation au Front national ayant mené la présidente à virer son propre père. Il me dit que c’est les médias qui lui donnent sa réputation, à tort. Je lui fais une liste de mesures proposées par le Front national pour lui démontrer en quoi elles sont en décalage avec le réel et en quoi les accusations d’extrême-droite sont fondées. Ce dernier message sera accueilli par le silence.

Lire la conversation en entier ici : http://feutiger.over-blog.com/2017/05/.html
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Analyse longitudinale

Deux aspects sont omniprésents dans cette conversation : les mécanismes de Facebook décrits dans l’article « Facebook est-il un contrepouvoir ? » et ceux de ce qu’on appelle la « dissidence », un ensemble nébuleux composé de plusieurs groupes très actifs sur les réseaux sociaux dont le dénominateur commun est de contester le système politique en place. Ce sont ces deux aspects que nous allons analyser à travers une analyse longitudinale.

Facebook

Facebook a été décrit comme un lieu d’anarchisme, au sens de l’organisation des libertés individuelles, notamment d’expression, comme le règne de l’instantané et de l’émotionnel et comme le temple de l’individualisme et de l’autovénération. Ces aspects apparaissent dans la conversation tels que décrits dans cet article.

Le déroulement de la conversation en elle-même reflète l’instantanéité de Facebook. Elle se déroule justement dans la conversation instantanée et mon interlocuteur enchaîne les messages plus ou moins longs tandis que je prends le temps de rédiger les miens. J’aurai d’ailleurs du mal à suivre son rythme. Le principe même de conversation instantanée détermine le type de conversation qui va s’y dérouler, en effet, le format même de ce type de messagerie défavorise l’argumentation. La rapidité de l’argumentation est plus importante que sa qualité. Elle est d’ailleurs peu fournie. Elle consiste en des phrases courtes, généralisantes et proches du slogan. « Voter macron c’est donner une fois de plus tout pouvoir à une oligarchie qui va s’enrichir sur la misère des peuples », « Macron est le spasme d’un système plouthocratique a bout de souffle et cela engendrera une épidémie de pauvreté sans pareil », Ce format, avec sa facilité pour le slogan favorise une argumentation comparable à ce qu’on appelle l’argument de comptoir, au point de pouvoir dire tout et n’importe quoi. J’écrivais dans mon article publié le 15 janvier dernier sur mon blog « Le slogan est plus efficace que l'argumentation. Il permet de dire tout ce que l'on veut, voire n'importe quoi, il permet les sophismes et les raisonnements fallacieux qu'on pourrait déceler si on prenait le temps de les décortiquer. ». Des affirmations telles que « Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde » ainsi que « Et Hitler et Mussolini était de gauche » en sont les témoins. Cette instantanéité institutionnalisée par Facebook amène un autre aspect qui est sa conséquence, c’est-à-dire le comportement émotionnel qui l’emporte sur la réflexion.

Mon interlocuteur affiche un énervement de plus en plus flagrant et avoué face à mes arguments. Il commence par mettre des points d’exclamation dans ses phrases pour me répondre, la construction de ses phrases affiche un début d’énervement. « Nan mais gauche ou droite c’est la même chose ! », « mais non sang à l’époque l europe existait pas ! » « Mais tu dis n’importe quoi ! ». Il ira jusqu’à m’insulter : « Mais bouffonne, tu sais même pas qu’Hitler était socialiste ! ». Cette dernière phrase montre que l’interlocuteur perd ses nerfs au point de devenir impoli en faisant une affirmation pour le moins inhabituelle en la posant comme une évidence. Cette évidence supposée fera l’objet d’une analyse dans un second temps. Il finira par afficher un énervement avoué : « oui ca m’énerve de parler avc des ignorants qui assument pas de dire des conneries », « et oui ca m’énerve que des ignorants assument pas leurs énormités ». En parlant de mon ignorance supposée, de « conneries » et « d’énormités », il fait bien sûr référence au fait que je ne « sache » pas qu’Hitler était de gauche. Comme je n’accepte pas ce que lui, pose comme une évidence, évidence contraire à ce que pensent la majorité des gens, y compris des historiens et des politologues, il se met en colère, me parle avec mépris et m’insulte. Au-delà de cette affirmation en elle-même, on voit une des conséquences provoquées par l’utilisation de Facebook : la possibilité de dire ce que l’on veut sans donner une argumentation construite, la remplaçant par des slogans et de mépriser et insulter ceux qui ne sont pas d’accord. Ce dernier comportement doit être mis en relation avec deux autres aspects sans quoi l’analyse serait incomplète. Il s’agit de l’effet désinhibiteur de la conversation par écran interposé qui permet plus facilement l’insulte qu’en face-à-face, tel qu’écrit dans mon article « Cet effet est permis par la discussion par écrans interposés. Ce mode de communication a un effet désinhibiteur. Comme on n'a personne en face de soi, on ne craint pas la réaction de notre interlocuteur, on ne craint pas d'être mal vu. Il est plus facile d'être agressif, arrogant et méprisant. ».

L’autre de ces aspects est l’individualisme dont Facebook s’est fait le temple. L’importance est donnée à l’individu, à ses opinions. J’avais écrit que « Facebook est un lieu d'expression individualiste. Ce réseau social met l'individu au centre. On y écrit pour se faire valoir, pour montrer combien on est intelligent, pertinent et spirituel. On le fait par le partage de l'information, des idées et des opinions. » Bien que cet aspect s’exprime de manière publique, il trouve sa prolongation dans la messagerie privée qui n’a pas de raison d’être épargnée. Mon interlocuteur commence à me faire la leçon de ce que je sais déjà, étant donné que nous avons les mêmes références politiques. « N’oublies pas que l europe est avant tout un programme nazi porté par hallstein et orchestré par les USA après la seconde guerre », . Lorsque je lui exprime mon désaccord sur l’appartenance de deux dictateurs à la gauche, il persiste et signe « non tu te trompe ils étaient de gauche ». À la suite de son affirmation, je vais lui expliquer ce qu’est la droite et la gauche pour lui démontrer qu’Hitler était bien d’extrême-droite. Il va sortir mes propos de leur contexte en me disant que je pars dans des faux-semblants étant donné qu’en Europe c’est Bruxelles qui tire les ficelles « Je pars du principe que tu te perds dans des faux-semblants en parlant de gauche ou droite là du moment que tu est en Europe tu n’as pas mot a dire aucune souveraineté aucun pouvoir décisionnel », je n’arriverai pas à le ramener au sujet initial. J’écrivais « Des débats stériles peuvent avoir lieu quand deux personnes donnent un sens différent à un mot ». Cette discussion le montre. « tu connais le traité de Rome (…) et celui de Lisbonne Maastricht ça te parle ou pas ? ». J’écrivais également « On n'examine pas toujours les arguments eux-mêmes, on cherche le sens général et on regarde s'il va dans son sens ce qui nous permet de le valider par un "j'aime" ou de le contredire, parfois de manière condescendante. ». Ici, il ne s’agit pas de valider ce que dit l’autre par un « j’aime » mais la logique reste la même. Mon interlocuteur refuse de valider mon argumentation sur l’orientation politique de deux dictateurs en décontextualisant mes propos. J’écrivais également que « Des désaccords mineurs peuvent dégénérer très vite en dispute, voire en agressivité. » Nous avons à la base la même orientation politique, mais suite au désaccord sur l’orientation politique de deux dictateurs, il se met à me rabaisser et à m’insulter : « Mais bouffonne tu sais même pas que Hitler était socialiste ! », il ira jusqu’à me bloquer. Enfin, j’avais également écrit « Si l'autre n'est pas d'accord, ce n'est pas parce qu'il a un autre point de vue, c'est parce qu'il n'a pas compris. ». C’est ce qui apparaît dans cette conversation à travers des propos tels que « tu comprends ou pas ??? », « tu te perds dans des faux-semblants en parlant de gauche ou droite », « là te te rends compte que c’est irrationnel ce que tu dis », « tu dis des choses irrationnelles » et le plus flagrant « Tu me parles d’immigration tu n’as pas compris que c’est un sujet de seconde zone ». Avec ce dernier aspect, nous pouvons comprendre que le mépris exprimé envers celui ou celle qui n’est pas d’accord est en fait l’expression d’un individualisme mettant son avis propre au-dessus de celui de l’autre à partir du moment où il est en désaccord. J’avais écris que « Facebook est un lieu d'expression individualiste. Ce réseau social met l'individu au centre. On y écrit pour se faire valoir, pour montrer combien on est intelligent, pertinent et spirituel. ». Il s’agit pour mon interlocuteur de montrer qu’il est plus intelligent que moi, qu’il comprend mieux la politique, comme il l’exprime en ces termes : « je suis bien plus politisé que toi ca se voit vu les carences don tu fais preuve ».

Enfin, dans cette conversation, mon interlocuteur use d’une arme assez particulière contre moi. Elle n’est pas basée sur la raison mais sur la rhétorique. En effet, alors que d’un côté il me parle avec mépris, me rabaisse et m’insulte, il m’accuse de faire preuve de suffisance et de toupet. « là tu te rends compte que c’est irrationnel ce que tu dis », « je vois tout cela avc bien plus de recul que toi », « Mais tu dis n’importe quoi ! (…) je ne suis pas que asselineau je suis bien plus politisé que toi ca se voit vu les carences don tu fais preuve. Tu dis des incohérences si tu connaissais un temps soi peu l’Europe. Bref ». « Mais bouffonne tu sais même pas que Hitler était socialiste ! Tu connais même pas les bas fond de l europe et tu tentes de me prendre de haut ta suffisance est aussi grande que ton toupet allé bye ». Il m’accuse également d’être dans l’argument de comptoir après avoir lancé des slogans. Alors qu’il avait déclaré qu’Hitler et Mussolini étaient de gauche et que « Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde », plus tard il me dit ceci : « Je suis activiste depuis Sarkozy je milite je sais de quoi je parle toi tu es dans l’argument de comptoir ». Il tente d’inverser les rôles en m’accusant de faire ce qu’il a fait quelques minutes auparavant. La conversation est à l’image du débat du second tour où d’un côté on voit un Emmanuel Macron posé, dans le factuel face à une Marine Le Pen ricanante, dans l’argument de comptoir et les piques de bas étage qui à l’issue du débat accusait son adversaire d’avoir été agressif et d’avoir fait des attaques personnelles en disant que c’est la marque de quelqu’un qui a du mal à répondre sur le fond.

La dissidence

J’ai précédemment défini la dissidence comme un ensemble nébuleux de groupes et d’individus qui s’opposent au système en place, contestant l’ordre politique, voire l’ordre social. Elle possède plusieurs caractéristiques qui apparaissent tout au long de cette conversation.

La caractéristique la plus flagrante de cette dissidence est sa binarité. En effet, la dissidence, bien que les individus qui la composent se réclament d’une conscience politique supérieure à la moyenne voit le monde en terme de vrai et de faux, de bien et de mal où n’est établie aucune nuance. Le monde est composé d’un système monolithique dirigé par une oligarchie émettant une propagande contre laquelle se bat la dissidence en réinformant sa population. Cet aspect apparaît dans cette conversation à travers des phrases telles que « Et tu as des idées très arrêté sur quelqu’un qui n’a jamais été au pouvoir. Tu fais donc dans le préjugé. Ce préjugé du a une propagande du système oligarchique », « Je pense que les médias qui sont profondément contre elle (Marine Le Pen) lui impute trop souvent cela a tort ».

À cette binarité s’ajoute un second aspect qui est l’inversion des valeurs. En effet, la dissidence étant un anti-système, considère toute information provenant du système politico-médiatique comme de la propagande. L’aboutissement de cette logique amène le dissident à penser de façon contraire au système. Des affirmations telles que « N’oublies pas que l europe est avant tout un programme nazi porté par hallstein et orchestré par les USA après la seconde guerre. Et Hitler et Mussolini était de gauche » s’explique par cette pensée binaire d’inversion des valeurs, inversion qui revient souvent dans ces milieux très actifs sur les réseaux sociaux et que j’ai déjà décortiquée dans mon article. Cependant, il existe une explication plus profonde de cette inversion. En effet, il s’agit de légitimer un positionnement politique, c’est-à-dire le vote Front national, parti souvent assimilé à l’idéologie nazie et de rejeter la responsabilité des évènements de la Seconde Guerre mondiale sur la gauche politique. « Le nazisme ne correspond pas à ce que je connais de le pen mais se reproche beaucoup plus de ce qu’est l’Europe et macron ». Ainsi, accuser le Front national d’être d’extrême-droite relève du préjugé dû à la propagande oligarchique et accuser l’Europe d’être fasciste permet de légitimer le fait de vouloir en sortir. De même, ses idées ne sont pas xénophobes, c’est notre pays qui est laxiste et il propose simplement des réponses aux problèmes causés par le système. « Nous sommes dans un pays tellement laxiste que cela paraît xénophobe voire raciste », « Tu vas voter pour macron le fils chéri de l europe tu sais l europe qui a fait 8 millions de morts en Afrique et qui génère tout ces problèmes et notamment un concour de circonstances qui en mène à des immigrations de masse ». Le vote Front national est considéré comme un moindre mal « Je n’aime pas du tout Le Pen mais c’est un moindre mal » car le plus stigmatisé par le système-politico-médiatique. La pensée dissidente consiste pour le dire simplement à regarder dans quel sens le système se tourne pour se tourner dans le sens inverse. C’est un anticonformisme, c’est-à-dire un conformisme à l’envers.

La dissidence se caractérise également par sa vision apocalyptique de la société et de son avenir. « Macron est le spasme d’un système plouthocratique a bout de souffle et cela engendrera une épidémie de pauvreté sans pareil », « nous avons besoin d’un protectionnisme de sortir de cette Europe fasciste oligarchique c’est une évidence de survie ». Cette vision, particulièrement en ce qui concerne l’Union européenne est à mettre en face des discours apocalyptiques diffusés dans les médias sur l’éventuelle sortie de la France de l’Union européenne.

Enfin, dernier aspect et non des moindres, la dissidence, comme tout anti-système reproduit les travers qu’il dénonce chez le système en place. Il s’agit de la pensée unique dénoncée comme telle chez le système sociétal en place par la dissidence. Mon interlocuteur se réfère tout au long de cette conversation à François Asselineau en me récitant une leçon apprise tout en me la dispensant puisque pense-t-il je n’ai pas compris, ou pas assez écouté. « Comme asselineau le dit si bien l’article 5 de la constitution oblige le président de servir son peuple or macron sera et il le sait bien soumi a Bruxelles son programme ne sera même pas mis en œuvre car tous les ans Bruxelles donne son programme aux 28 présidents de l’UE et ce programme ultralibéral engendre tjr plus de problèmes », « Je crois que tu devrais écouter un peu plus ce que dit asselineau ». Ainsi, il enchaînera plusieurs messages au cours de la conversation dans lesquels il me récite les leçons qu’il a apprises de François Asselineau. On voit qu’un prisme d’analyse est privilégié, bien qu’il ne serve qu’à détourner l’attention de la discussion initiale, celui de l’orientation politique d’Hitler et de Mussolini. Avec la phrase suivante « Tu me parles d’immigration tu n’as pas compris que c’est un sujet de seconde zone qui est juste un moyen de fédérer des adhérents » on aperçoit ici l’existence d’une incompréhension face à une façon de pensée différente de ce qui est prescrit par la logique dissidente. Mon interlocuteur dogmatise l’évidence de la priorité de la sortie de l’Union européenne sans aucun point de vue différent permis. Face à mon choix politique est posée l’évidence du vote Le Pen comme moindre mal et l’intolérance face à un choix différent bien qu’argumenté. La nuance n’est acceptée que dans un sens, celui de la modération des accusations d’extrême-droite du Front national. La dissidence reproduit un système de pensée unique qu’il dénonce chez l’oligarchie qu’elle affirme combattre allant jusqu’au totalitarisme, puisqu’un point de vue différent est accueilli avec condescendance et mépris.

La dissidence est un anti-système qui reproche au système de donner des informations partiales, biaisées, voire mensongères et qui prétend réinformer sa population. On le perçoit à travers la déclaration suivante : "N'oublies pas que l europe est avant tout un programme nazi porté par hallstein et par les USA après la seconde guerre." Or, on s'aperçoit que l'individu ne maîtrise pas les concepts de gauche et de droite puisqu'il déclare que "Et Hitler et Mussolini était de gauche". Même si on a précédemment expliqué que cette inversion permettait avant tout de justifier un positionnement politique, même avec mes explications, il n'en démordra pas. Plus tard dans la conversation il déclarera "Je suis activiste depuis Sarkozy je milite je sais de quoi je parle toi tu es dans l'argument de comptoir". Bien qu'il prétende savoir de quoi il parle, ses années de militantisme ne lui ont pas permis de maîtriser des concepts politiques de base tels que gauche et droite. Il a seulement appris à répéter une rhétorique dissidente non fondée sur les sciences politiques.

Conclusion

Cette conversation qui est un cas d’école montre de Facebook que c’est un lieu d’expression instantanée et émotionnelle laissant peu de place à l’argumentation et à la réflexion. Ajouté à cela, l’individualisme favorisé par Facebook, tous ces aspects rendent l’écoute et le débat impossibles et mènent à la division. La dissidence se révèle être la reproduction de ce qu’elle prétend combattre, un système de pensée binaire et de pensée unique basée sur l’opposition systématique au système qui l’empêche de construire une cohérence intellectuelle. Ces deux composantes doivent être mises en relation car elles cohabitent et s’entremêlent. Facebook et les réseaux sociaux sont des lieux privilégiés de l’expression de la pensée dissidente qui ne peut être sans eux. Leurs mécanismes s’entremêlent jusqu’à faire corps. L’instantanéité et le comportement émotionnel favorisent le raisonnement binaire, le raisonnement binaire favorise le comportement condescendants envers l'opinion divergente. L'individualisme empêche la cohésion puisqu’elle met l’individu au-dessus de la cause. Les mécanismes mis en place empêchent ainsi à la pensée d’opposition de se structurer de manière cohérente et sérieuse. Facebook est « un outil du système qui neutralise toute opposition. De lui, aucune révolution ne peut émerger » tel qu’écrit dans mon article que cette étude de cas ne fait que confirmer et renforcer.

 

 

Lire mon précédent article sur Facebook :

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Published by Tigre de Feu (original) - dans La pilule rouge
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