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  • : Mon Univers : littérature, sciences et histoire se côtoient avec une pointe d'humour et de musique dans une chaude ambiance de feu agrémentée de photos, de dessins, de nouvelles et de citations.
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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 15:50

     Cet article fait suite au scandale de l'abattoir de Vigan, certifié bio et labélisé. Outre l'horreur de ces images, il existe une réalité qu'il faut toutefois expliquer afin de remettre cet évènement dans son contexte et le comprendre.

 
Abattoirs et protection animale : une impasse ?

     Manger de la viande semble aller de soi : il y en a quasiment tous les jours à la maison, elle est disponible de façon inépuisable sur les grandes surfaces, la plupart des plats que l'on trouve dans les restaurants sont constitués de viande. Or, la consommation de produits carnés ne va de soi que depuis le XVIIIème siècle avec la Révolution industrielle qui en a permis la démocratisation, entrainant une amélioration de la santé. Les populations pouvaient alors manger à leur faim. Depuis, la population a fortement augmenté, la consommation de viande également. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, l'industrialisation de la France se généralise, la paysannerie disparaît au profit d'une agriculture professionnelle et rationalisée.
     C'est cette rationalisation de la production de viande qui permet à la fois de nourrir une population nombreuse et qui en même temps est la cause de toutes les souffrances animales. Dans un souci d'éthique sont toutefois mises en places des lois, des règles et des normes. Nous consommons de la viande plusieurs fois par semaine. Pour répondre à une telle demande, il faut augmenter les rendements et les cadences. Malgré toutes les normes en place, la cadence imposée empêche ces normes d'être respectées. L'animal est parfois mal étourdi, et au lieu de recommencer, il est attaché par les pattes pour être égorgé tout en étant conscient. Autrement dit, c'est nous tous, réunis et individuellement qui faisons augmenter la demande et ainsi les cadences, parce que nous tenons absolument à manger de la viande chaque jour.

Abattoirs et protection animale : une impasse ?

     Dès lors on peut se demander si cette logique n'aboutirait pas sur une impasse. Nous vivons dans une société où l'Homme est placé au-dessus de tout, où il domine la nature à laquelle il est étranger. La production de viande obéit à des raisons économiques et gastronomiques non négligeables. Des milliers d'agriculteurs en vivent, des lobbies font pression sur les pouvoirs publics pour continuer à vendre toujours plus de viande. La viande est un aliment savoureux avec un fort apport en protéines. Malgré le militantisme d'activistes, ces raisons économiques seront toujours plus fortes que la cause animale. Jamais les abattoirs ne seront fermés et jamais nous n'arriveront à accoler nos actions individuelles en devenant végétariens parce que le commun de la population n'est pas prête à un tel sacrifice. Un changement des mentalités n'est donc pas envisageable à court ou moyen terme.
     L'exploitation de l'animal au service de l'homme se heurte à la responsabilité que l'homme s'accorde vis-à-vis des animaux et aboutit à une contradiction : on ne peut pas s'indigner éternellement de la mort atroce de tant d'animaux tout en continuant à le considérer comme une matière première. En France, deux milliards d'animaux sont tués par an quel que soit le motif, alimentaire ou non. D'un autre côté on domestique des animaux pour les caresser, en prendre soin et jouer avec eux. Ne reste que deux solution : soit on se dit que la maltraitance animale est intolérable et on cesse de les mettre à mort, soit que la souffrance animale est nécessaire à nos besoins et on cesse de s'émouvoir de pauvres petits agneaux trop mignons écartelés vivant sans avoir rien demandé. Je laisse chacun à ses opinions.

Cependant, une innovation pointe le bout de son nez : une étude propose d'élever des poulets en supprimant leur cortex cérébral. Elle propose également de leur enlever les pattes pour gagner de la place. Ainsi, il serait possible de produire plus de poulets que dans un élevage concentrationnaire sans blessures ni souffrances animales tout en continuant de nourrir toute la population. Cependant, cette innovation soulève d'autres questions : celle de la manipulation du vivant et du statut des animaux : peut-on faire ce que l'on veut avec le vivant, le manipuler pour répondre à nos besoins ? Cela modifiera-t-il un statut juridique animal déjà ambigu ? Cette technique, loin d'être irréaliste, serait l'aboutissement de ce qu'est pour nous l'animal : une matière première à notre disposition. Ne restent que les conséquences de ce genre d'innovations que nous ne connaissons pas encore sur notre rapport au vivant, et qui pourrait s'extrapoler à l'humain : une nouvelle ouverture sur le transhumanisme ?

 

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Published by Tigre de Feu (original) - dans Pensées La pilule rouge
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